Les trois doshas en ayurvéda : pitta ou la transformation

Pitta
En Ayurvéda, médicine traditionnelle de l’Inde, on aborde la réalité de chaque individu en fonction de trois principes inhérents à la nature soit : le mouvement, la transformation et la préservation. On nomme ces principes « les trois doshas » et leur compréhension est essentielle au développement d’une vision ayurvédique de la santé.

Lorsque nous souhaitons conserver ou retrouver l’équilibre, la santé et le bien-être, les doshas permettent d’identifier les liens entre notre état intérieur et nos relations avec l’extérieur, que ce soit notre rapport à l’environnement, à la nourriture ou à nos relations interpersonnelles.

Explorons maintenant ce qui caractérise pitta, le principe de la transformation, en quoi consistent les états d’être relatifs à ce dosha et comment nous pouvons retrouver l’équilibre lorsque celui-ci est perturbé.

Nature et fonctions de pitta

Pitta fait référence à la chaleur qui transforme, à la capacité de transmuter les choses autant concrètes que subtiles. Pitta est associé aux éléments du feu et de l’eau ainsi qu’aux propriétés suivantes : chaud, léger, rapide, fluide, liquide et onctueux. Nous ferons références à ces qualités plus loin dans cet article.

Dans l’organisme, pitta s’exprime à travers le métabolisme et les réactions chimiques, lesquels entraînent la production de chaleur et d’énergie. La digestion chimique des aliments, la production d’énergie par les cellules, l’effet des hormones et des neurotransmetteurs, tous les processus biologiques qui dépendent des réactions chimiques font référence à pitta.

Pitta déclenche l’appétit et la soif, maintient la température du corps, la souplesse et la couleur de la peau, régit la sudation et engendre les odeurs corporelles. Le sens de la vue est également associé à ce dosha.

Du côté psychologique, pitta est responsable des désirs, de l’ambition, du courage et de la témérité. Son énergie se déploie avec focus dans une direction, permettant d’atteindre nos buts, de comprendre et d’intégrer les concepts ainsi que de développer une vision à long terme.

Lieux de prédominance

Malgré que les doshas soient tous présents à divers niveaux de l’organisme, pitta prédomine dans la zone comprenant l’estomac, le foie, le pancréas et le petit intestin, tout autour du nombril. Son influence se fait également sentir particulièrement au niveau du cœur, du sang, de la lymphe, des glandes sébacées et des yeux.

La constitution pitta

En Ayurvéda, il est essentiel de distinguer notre nature profonde, qui s’exprime par notre constitution physique et nos tendances naturelles, de l’état actuel dans lequel nous sommes. Il existe des tests pour nous aider à déterminer notre constitution ayurvédique, notre nature, mais ceux-ci ne peuvent incorporer toutes les subtilités du jugement humain. Ainsi, l’aide d’un thérapeute expérimenté est parfois nécessaire pour faire la différence entre nature et état.

Nous découvrons notre état lorsque nous portons attention aux sensations qui nous habitent et que nous faisons l’inventaire de nos symptômes et déséquilibres actuels, subtils ou évidents. Par ailleurs, les symptômes récurrents dans notre vie nous donnent un indice quant à nos tendances naturelles, notre nature.

Pitta s’exprime dans notre constitution par les caractéristiques physiologiques suivantes :

  • Ossature moyenne
  • Bonne musculature découpée
  • Belles proportions
  • Teint coloré, peau grasse
  • Cheveux et yeux bruns moyens (ou roux)
  • Regard intense et pénétrant
  • Voix forte et passionnée

Symptômes et déséquilibres pitta

Certains signes trahissent un déséquilibre du principe pitta, plus ou moins sérieux ou profond, selon la gravité des symptômes. Rappelez-vous que les conséquences du déséquilibre d’un dosha apparaissent et disparaissent de concert, qu’ils forment une « famille » de symptômes ayant tendance à se manifester ensemble. Voici ce que pitta engendre une fois déséquilibré :

  • Irritabilité, impatience, colère
  • Appétit et soif excessifs
  • Désir pour substances froides
  • Sensations de brûlements (estomac, muscles, peau, etc.)
  • Odeurs prononcées
  • Acidité corporelle
  • Colorations plus rouge ou orangée (yeux, peau, selles et urine)
  • Inflammations diverses
  • Infections, surtout bactériennes et fongiques
  • Forte diarrhée infectieuse
  • Intensité des symptômes

Comment rééquilibrer pitta

Puisque les doshas perturbés se manifestent par des excès, nous cherchons à appliquer des qualités inverses pour retrouver l’équilibre. Pour pitta, nous dériverons ainsi les approches thérapeutiques des propriétés « froid, lourd, lent, solide et sec ». Plusieurs conseils permettront de concrétiser ces caractéristiques en des applications pratiques au mode de vie, à l’alimentation et ainsi de suite.

Attitude : La personne chez qui pitta est déséquilibré devra s’apaiser, retrouver la paix et la sérénité en appliquant retenue et modération à sa vie. Il est essentiel de cultiver le contentement, le plaisir et la satisfaction au quotidien, d’accepter et de faire la paix avec les conditions et les limitations du moment.

Habitudes de vie : Consacrer une partie de sa journée aux loisirs et aux relations plaisantes favorise la joie de vivre et le plaisir qui feront défaut lors d’un déséquilibre pitta. Une activité très efficace pour apaiser pitta consiste à se promener en pleine nature, à fréquenter des lieux verdoyants, les étendues d’eau et les rivières. La brise fraîche et la lumière de la lune contribueront aussi à l’apaisement. D’autre part, les fragrances sucrées et florales peuvent également aider à cet effet.

Alimentation : Une alimentation faible en gras, contenant davantage de nourriture fraîche et de crudités, est bénéfique pour pitta. Les personnes dont la nature est pitta auront d’ordinaire un appétit plus prononcé et il faut augmenter les portions en conséquence, sans pourtant exagérer. Les saveurs rafraichissantes comme le doux, l’amer et l’astringent apaiseront pitta. On doit chercher à ce que ces saveurs prédominent, tout en évitant la saveur très piquante comme celle des piments forts et les aliments trop acidifiants. Dans cette catégorie on retrouve agrumes (sauf le citron, une exception), mangues, kiwi, ananas, tomates ainsi que les aliments raffinés tels que le sucre blanc, les farines blanches et le vinaigre blanc. Les légumes, surtout les verts feuillus comme le persil, aideront à diminuer l’acidité et les toxines de l’organisme.

Plantes médicinales : On cherche à diminuer l’acidité corporelle et les toxines lorsque pitta est en excès, notamment en aidant le foie et les reins à faire leur travail. Pour l’acidité, le chardon-marie, la chlorophylle liquide, le guduchi, la prêle, les fleurs de sureau, la feuille de pissenlit et l’ortie fonctionnent très bien. Parmi ces plantes, les deux dernières excellent pour tonifier les reins. Le foie sera supporté par des plantes comme le raisin des montagnes, la bardane, la racine de pissenlit, l’achillée millefeuille, la calendule ou encore le chardon-marie, mentionné précédemment. Lorsque la peau est affectée par pitta, le neem est une plante utilisée fréquemment en Ayurvéda qui fera des merveilles autant à l’interne qu’à l’externe.

Pour en savoir plus…

Les trois doshas : l’équilibre de la santé
L’alimentation ayurvédique
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À propos de l'auteur

Jonathan Léger Raymond

Thérapeute en Ayurvéda et herboriste accrédité, Jonathan Léger Raymond est porte parole pour la Guilde des Herboristes du Québec et il se spécialise en Ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est également co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal.

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