Stress et dépression : l’alimentation en cause ?

Stress, dépression et alimentation
Nous faisons rarement cette association. Pourtant, quelle vie de misère quand nos trippes souffrent. Des yeux plus gros que la panse charmés par les sirènes de la malbouffe nous promettent la déprime pendant que l’industrie accumule les profits.

Le cerveau, un hyperactif

Hyperactif métaboliquement, notre cerveau ne peut que réagir tant aux carences en nutriments – minéraux, antioxydants, fibres, etc. – qu’à la présence de toxines industrielles, métaboliques, bactériennes, etc. Au ban les raffinages et quantité d’aliments préparés, sinon, maux de tête, « coups de barre », hypoglycémie, « égarements émotifs », déséquilibres hormonaux, etc. Maintenant, les recherches montrent que les mélanges de colorants alimentaires favorisent l’hyperactivité et le déficit d’attention chez l’enfant.

Le bonheur est-il chimique ?

Cela a été amplement démontré par les effets des antidépresseurs et autres psychotropes : la chimie des médicaments transforme nos états d’âme. Mais il s’agit d’une chimie artificielle avec ses effets secondaires fâcheux bien connus.

Cette pharmacie cible le cerveau, notre gestionnaire du stress. Il est donc tout à fait naturel qu’il réponde également à la chimie alimentaire. En démonstration, cette étude espagnole effectuée sur 12 000 personnes montrant que les gras trans et les gras saturés augmentaient les risques de dépression de 50% (1).

Les auteurs ont pu noter un effet spécifique des gras trans. Ils se surprenaient que si peu de recherches épidémiologiques aient été faites sur les liens entre la dépression et l’alimentation. D’autres recherches montrent le lien entre la santé mentale et la qualité de l’alimentation (2).

Dépression : les oméga-3 contre le vague à l’âme

Près de chez nous, une recherche menée récemment à Montréal montre qu’un supplément d’oméga-3 provenant d’huiles de poisson est efficace pour traiter certains types de dépression (3). En effet, un mélange de 1050 mg d’EPA (eicosapentaenoique acid, ou AEP) et de 150 mg de DHA (docosahexaenoique acid, ou ADH) a soulagé des patients souffrant de dépression majeure, mais pas ceux ayant un trouble d’anxiété.

Bravo pour les aliments ! Surtout que les antidépresseurs traditionnels sont souvent mal tolérés et ne sont pas toujours efficaces. Voilà une occasion en or de motiver les gens de son entourage à améliorer divers aspects de leur alimentation.

Surprenantes huiles végétales

Mangeriez-vous une pomme chauffée cinq à six fois et traitée en même temps à l’aide d’un acide fort, d’un solvant organique, de soude caustique diluée, d’argile chimique ? Et j’en passe. Ce sont les huiles végétales du commerce régulier. Or on en fait la margarine. Il y a un lien entre les tensions menstruelles et ces huiles commerciales. À remplacer vivement par des huiles pressées à froid.

Justement, les huiles végétales sont notre principale source de gras essentiels polyinsaturés si fréquemment recommandés et dont notre cerveau pensant est constitué en très grande partie. Assurez-vous que les jeunes enfants en consomment. Ces gras sont nécessaires à toutes nos fonctions, en particulier au métabolisme et à l’équilibre hormonal.

Comment nous mangeons

Seriez-vous prêt à entreprendre une deuxième journée de travail à 18h ? C’est pourtant une commande que nous faisons régulièrement à notre estomac en lui donnant notre plus gros repas du jour au souper : risques de digestion lourde, nuit perturbée, réveil stressé. Moins reposé, nous collons au lit le lendemain matin avec un dommage collatéral de taille : le déjeuner sera non seulement pris à la sauvette, il sera digéré dans un estomac pas mal amoché.

La frénésie de la productivité au travail

Ce syndrome moderne nous fait escamoter le dîner avec report au souper. C’est le cercle vicieux précédent. Qui dit déjeuner piteux, dit efficacité toute relative au travail. Et selon les relevés, la plupart des accidents de chantier surviennent en milieu d’avant-midi chez des travailleurs n’ayant pas ou peu déjeuné. Les gros soupers tardifs perturbent la ménopause… car les stress de toute nature sont la principale cause de malaises à cette période.

Morale de cette histoire : le bonheur est dans l’assiette… pas trop grande.

Références scientifiques

1. Sanchez-Villegas, A et coll. 2011. Dietary fat intake and the risk of depression : the SUN project. PLoS ONE 6(1) : e16268, 26 janvier.

2. Jacka, FN et coll. 2010. Association of Western and Traditional Diets With Depression and Anxiety in Women American. Journal of Psychiatry, 167 : 305-311.

3. Lespérance, F et coll. 2011. The efficacy of omega-3 supplementation for major depression: a randomized controlled trial. The Journal of Clinical Psychiatry, 72(8) : 1054-1062.

À propos de l'auteur

Dr Carol Vachon

Président de l'AMSB de 1996 à 2000 et auteur du livre Pour l'amour du bon lait, le Dr Carol Vachon est consultant en nutrition.

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2 commentaires

  1. s.chikhaoui 28 septembre 2013,

    Il y a plus de 60 que la Dresse Kousmine a fait ses recherches sur la mal-bouffe maintenant ses travaux sont prouvés par la découverte d’un nouvel organe dans l’estomac. c’est l’estomac qui commande et non le cerveau autrement dit tu deviens ce que tu bouffes!

  2. Monique Belleau 12 octobre 2013,

    Comme vous dites « Le bonheur est dans l’assiette »… et avec tout ce qui l’entoure… Avez-vous remarqué que les assiettes dans les restaurants sont de plus en plus grandes … et les portions aussi évidemment…Il y a tellement à dire …

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