Les trois doshas en ayurvéda : vata ou le mouvement

Ayurvéda Vata
En Ayurvéda, médicine traditionnelle de l’Inde, on aborde la réalité de chaque personne en fonction de trois principes inhérents à la nature soit le mouvement, la transformation et la préservation. On nomme ces principes les trois doshas et leur compréhension est essentielle à la compréhension ayurvédique de la santé.

Lorsque nous souhaitons conserver ou retrouver l’équilibre et le bien-être, les doshas permettent d’identifier les liens de cause à effet entre notre état d’être et nos relations avec l’extérieur, que ce soit notre rapport à l’environnement, à la nourriture ou à nos relations interpersonnelles.

Explorons maintenant ce qui caractérise vata, le principe du mouvement, en quoi consistent les états d’être relatifs à ce dosha et comment nous pouvons retrouver l’équilibre lorsque celui-ci est perturbé.

Nature et fonctions de vata

Vata est le principe du dynamisme, du rythme, des vibrations et du mouvement qui animent toutes choses. On lui attribue les caractéristiques du vent et de l’espace ainsi que les qualités suivantes : sec, léger, froid, mobile, subtil et rugueux. Nous reviendrons sur ces aspects un peu plus loin.

Vata s’exprime dans l’organisme notamment par le mouvement des influx nerveux, de la respiration, des processus digestifs et par la locomotion en général. Toute transmission d’information, par exemple lors de la réplication de l’ADN et de l’ARN dans les cellules, est reliée à vata.

Il assure le bon fonctionnement des sens ainsi que le déclenchement des urgences naturelles : éternuement, bâillement, miction, défécation et autres. Lorsqu’il est équilibré, les processus biologiques sont harmonieux et leur rythme adéquat, ce qui se répercute au niveau des cycles du sommeil, des hormones ou des menstruations, par exemple.

D’autre part, ce principe est responsable de l’enthousiasme, des impulsions, de la créativité et de la curiosité. Il nous permet de nous diriger dans de multiples directions et d’aborder la réalité sous différents points de vue.

Lieux de prédominance

Bien que les trois doshas soient présents à tous les niveaux dans l’organisme, vata est surtout présent au niveau du gros intestin (côlon) et du système nerveux. On retrouve aussi une influence marquée de vata à l’intérieur des cuisses, à la taille, aux pieds, aux oreilles, ainsi qu’au niveau de la peau et des os.

La constitution vata

Il importe de distinguer en Ayurvéda notre nature profonde, reflétée par notre constitution physique, de l’état dans lequel nous nous trouvons. Certains questionnaires nous offrent de déterminer notre constitution ayurvédique, mais ces tests ont une portée limitée qui ne peut égaler l’expertise d’un thérapeute aguerri. Il n’est pas toujours aisé de différentier notre nature véritable de notre état actuel, lesquels peuvent différer selon les circonstances.

Pour débuter, il est préférable de s’attarder à nos sensations du moment, aux symptômes légers ou criants qui nous habitent et qui traduisent nos déséquilibres (voir ci-dessous). Néanmoins, certaines caractéristiques physiologiques révèlent nos tendances générales à exprimer les qualités et les excès d’un ou plusieurs doshas.

En ce qui concerne la constitution vata, voici les traits physiques typiques que l’on peut retrouver chez une personne en qui prédomine d’ordinaire le principe vata :

  • ossature mince
  • corps maigre ou seulement ventre proéminent en surpoids
  • traits fins et anguleux
  • asymétries : visages, dents, ossature et autres
  • cheveux et yeux de couleur foncée
  • petits yeux vifs
  • peau à tendance sèche
  • voix aigüe ou rauque

Symptômes et déséquilibres vata

Nous pouvons nous rendre compte que le principe vata est en excès lorsque certains signes et symptômes se manifestent. Certains déséquilibres sont superficiels et surviennent à cause d’un excès mineur tandis que d’autres sont profondément ancrés et sont issus d’une accumulation prolongée ou d’un traumatisme marquant. Il est à noter que les malaises dus à l’excès d’un dosha ont tendance à apparaître et à disparaître de concert, tel les fils d’un tissu que l’on soulève ou repose. Voici un aperçu de ce que l’on peut ressentir lorsque ce dosha est déséquilibré, en excès :

  • Nervosité, anxiété, peur
  • Gonflement du bas ventre, ballonnements, flatulences
  • Douleurs vives, chroniques, parfois imprévisibles
  • Sécheresse de la peau et des muqueuses
  • Constipation : les selles ne surviennent pas tous les jours
  • Légère diarrhée, parfois chronique
  • Tremblements, mouvements involontaires
  • Dérèglement des cycles du corps : sommeil, hormones et autres
  • Dérèglement des urgences naturelles : miction, éternuements, éjaculation et autres
  • Coloration foncée des cernes, de la peau et des selles
  • Irrégularité des symptômes

Comment rééquilibrer vata

Les doshas sont à toute fin pratique toujours en excès lorsque perturbés. Conséquemment, les qualités inverses à celle précédemment mentionnées pour vata permettront de compenser ces excès : onctueux (gras et humide), lourd, chaud, stable, grossier et doux. Les conseils prodigués pour apaiser vata sont des applications concrètes de ces caractéristiques. Une multitude de comportements et de moyens permettent de les mettre en pratique afin de tempérer les conséquences d’un dosha exacerbé.

Attitude : Quelqu’un qui souffre d’un déséquilibre vata aura avantage à se calmer, à retrouver son centre et sa zone de confort. Une bonne façon d’y parvenir est de se concentrer sur sa respiration, portant son attention ailleurs que sur le bavardage de l’esprit. Cultiver la confiance, prendre soin de soi et rester à l’écoute des limites de son corps permet de retrouver la sécurité qui manque en cas d’excès vata.

Habitudes de vie : Pour apaiser vata, il s’agit de diminuer le mouvement et le nombre d’activités, de simplifier le quotidien et d’entretenir une routine de vie saine afin de favoriser la sécurité et la stabilité. Éviter de s’épuiser, de constamment stimuler les sens ou de trop s’exposer aux éléments permettra au corps de retrouver sa zone de confort. Se coucher tôt aura une incidence insoupçonnée sur les symptômes vata en général. De même, bien huiler sa peau et éviter toute forme d’assèchement est capital pour gérer un déséquilibre vata.

Alimentation : Les mets humides et un peu gras, consistants et souvent chauds conviennent davantage à vata. Il importe cependant de ne pas trop manger, quitte à manger plus souvent que la moyenne dans une journée, jusqu’à cinq petits repas et collations par jour. En général, les aliments et les repas dont les saveurs prédominantes sont douces, un peu sucrées, acidulées et/ou salées calmeront vata. Quelques épices et un peu de saveur piquante, comme celle du poivre ou du gingembre frais, aideront vata à bien digérer. Il importe aussi d’éviter de trop manger de légumes de la famille des solanacées : pomme de terre, tomate, aubergine, poivron vert et oignons crus. Le secret d’une alimentation ayurvédique est dans la modération et le ressenti des effets de la nourriture selon notre capacité à les métaboliser

Plantes médicinales : On favorise pour vata les plantes calmantes et les toniques nerveux tels que la camomille, la verveine, l’avoine fleurie, la mélisse et la cataire. Parmi les plantes indiennes, on retrouve l’ashwagandha et le shatavari, qui sont par ailleurs toutes deux reconnues comme toniques des surrénales et des fonctions sexuelles, donc de l’énergie vitale. D’autre part, les plantes dites carminatives, c’est-à-dire qui dispersent les gaz intestinaux et favorisent la digestion, sont aussi indiquées. Les meilleures carminatives sont le cumin, le fenouil et la cardamome, mais toute épice ou plante aromatique conviendra également : basilic, thym, menthe, romarin, graines de carvi, graines de céleri et ainsi de suite.

Pour en savoir plus

À propos de l'auteur

Jonathan Léger Raymond

Thérapeute en Ayurvéda et herboriste accrédité, Jonathan Léger Raymond est porte parole pour la Guilde des Herboristes du Québec et il se spécialise en Ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et se consacre à présent à l'édification d'une plate-forme internationale de référence sur l'Ayurvéda et le mode de vie écologique.

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