Le poids des parents dans l’obésité des enfants

Le poids des parents dans l’obésité des enfants

Il y a quelques années, une vaste étude sur la malbouffe menée auprès de 4300 élèves de Nouvelle-Écosse conclut que les machines distributrices à l’école n’auraient qu’un impact marginal sur l’embonpoint d’enfants de 5e secondaire…

…la consommation de cannettes de boissons gazeuses ne passait que de 3,6 à 4 cannettes dans les écoles où il y avait de ces distributrices. Le surpoids n’y était pas significativement plus élevé, pas plus qu’il y avait d’effet avec la présence de machines distribuant d’autres aliments du même type.

Dédouane-t-on trop vite la malbouffe ?

Il se pourrait, car il y a de nombreux facteurs. Selon cette même étude, acheter son dîner à l’école augmente le risque de surpoids de près de 5  % contrairement au fait de le prendre à la maison ou de l’apporter à l’école.

De plus, la prise du souper autour de la table familiale protège contre la dérive du tour de taille, alors que laisser les enfants souper devant la télé les fait grossir. Dernier point, sauter le déjeuner est fortement « obésogène ». Il semble donc que plus la famille supervise les repas, moins il y a de surpoids chez les jeunes.

Nos enfants victimes des petits écrans dévoreurs

Comme bien d’autres, cette étude chez les jeunes Néo-écossais démontre également à quel point l’activité physique protège contre le surpoids. À l’inverse, plus votre enfant s’adonne à des activités sédentaires (incluant le transport par véhicule moteur), plus il risque d’augmenter son tour de taille. Ah, quelle merveille que de bouger ! Quelle est l’activité habituelle de votre enfant ? Rivé à son écran d’ordi, télé, jeux vidéo, iPod, etc. ?

Des études menées en Angleterre et aux États-Unis sur des enfants de deux à cinq ans montrent que le surpoids est relié au nombre d’heures devant leurs petits écrans. Au contraire, les enfants ayant grandi tout en faisant de l’activité physique dès leur jeune âge seront plus portés à la pratiquer plus tard.

Le sport : contre la déprime chez enfants et parents

Les données illustrent les nombreux avantages de l’activité physique et d’une saine alimentation basée en particulier sur les fruits et les légumes, tant pour la santé générale que pour le développement des capacités d’apprentissage, et cela à tout âge. Bougeons, que diable !

Extirpons-nous du logis, qui est parfois trop « imprégné » de nos tracas, et mettons-nous activement en forme dehors, ne serait-ce que quelques minutes par jour. C’est « une pierre, deux coups », tant pour les parents que pour les enfants, à la fois pour le corps et l’esprit qui s’allègeront d’une partie du « poids » de nos problèmes… Il en va de même pour la mémoire. Pas mal meilleur que les médicaments, tout en donnant l’exemple aux enfants.

Cibler d’abord les milieux défavorisés

Comme pour d’autres campagnes, l’entreprise de sensibilisation de Santé Canada sur les dangers des gras trans s’est avérée plus efficace chez les gens plus favorisés. L’étude néo-écossaise confirme que l’éducation et la richesse réduisent fortement le surpoids, indépendamment l’un de l’autre.

Par conséquent, une stratégie efficace d’intervention contre l’obésité et de nombreux autres troubles de santé serait de mener des actions ciblées auprès des quartiers défavorisés, comme d’y accroître la sensibilisation dans les écoles, de subventionner l’approvisionnement des garderies en fruits et légumes bio, etc., et l’établissement d’épiceries dans ces quartiers car ils sont souvent de véritables «déserts de l’offre alimentaire», tout en faisant la promotion de l’activité physique.

Dr Carol Vachon
vachoncarol@videotron.ca

Président de l'Association Manger Santé Bio de 1996 à 2000 et auteur du livre « Pour l'amour du bon lait », le Dr Carol Vachon est consultant en nutrition et diffuse des information sur son site Bon Lait.

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