Maladies cardiaques: la bedaine en crise

Maladies cardiaques: la bedaine en crise

Il y a des graisses bien mal placées et pas seulement pour une question d’esthétique…

Selon des études épidémiologiques, les troubles cardio-vasculaires seraient d’abord associés aux dépôts de graisse au niveau de l’abdomen. Y a-t-il un syndrome métabolique particulier ?

Pourquoi tant la bedaine ?

Ne serait-ce pas plutôt un simple reflet de la sédentarité et d’autres aspects d’un style de vie à risques ? Le lien cœur-bedaine, ça tient à quoi ? Les bénéfices de l’activité physique sont évidents : cela tonifie non seulement les muscles du cœur, mais aussi tout l’abdomen.

En effet, faites le test :: après quelques jours de pratique de jogging, vous constatez que votre ventre a plus de « tonus », il tend à s’aplatir. Il « pend » moins. Un abdomen bien « porté » est, en général, l’apanage d’un individu physiquement actif. Pas besoin de savantes études métaboliques pour en arriver à cette conclusion simple.

En plus, à brûler des calories, il s’en déposera moins, brioche incluse. Mais se faire grouiller les masses musculaires exige des efforts et du temps aux sédentaires ventousés plusieurs heures à leurs petits écrans de télé, ordi, iPhone, etc.

L’activité physique est en baisse. Faut dire que l’emprise de la malbouffe éteint la vitalité et, avec elle, notre désir de faire grouiller nos masses musculaires. Contre la bedaine, ça prend aussi du cœur au ventre pour améliorer son « ordinaire » alimentaire.

Elle n’est pas reposante la vie d’aujourd’hui

Et le fameux stress ! Les tendances sociales sont inquiétantes. La rapidité et l’efficacité au travail sont idéalisées. Chez plusieurs, ce stress est vécu dans la sédentarité. De nombreux hyperactifs sont ainsi.

Il y en a d’autres dont les artères coronariennes sont fortement détériorées, donc à risque élevé de crise cardiaque, pendant que les artères ailleurs dans l’organisme restent parfois dans un état satisfaisant.

Pourquoi cette atteinte spécifique au coronaires ? L’athérosclérose pourrait résulter d’un processus inflammatoire des artères suite à l’effet abrasif du sang pompé violemment contre la paroi des artères. Une personne stressée et continuellement en position assise peut solliciter trop son cœur. Vous savez ces personnes sous la pression de l’urgence, de l’obligation de performer, d’aider… Cela peut se faire aux dépens des artères coronariennes. L’excès de sport peut également nuire spécifiquement aux coronaires.

Voilà un avertissement pour ceux qui meublent systématiquement tous leurs temps libres de loisirs et sports exigeants plutôt que de relaxer. Le régime du Dr Dean Ornish (alimentation, exercice, etc.), si efficace à réparer les artères coronariennes, incluait des techniques de relaxation comme le yoga (1).

La marche à rythme modéré ou le tai chi peuvent réduire la tension artérielle, selon la recherche. Je suis très loin de faire de l’hypertension, mais j’ai trouvé beaucoup d’harmonie tant psychologique que physiologique dans ces « marches de grand-père » de 30 minutes ou plus, tout en lenteur. Essayez : vraiment énergisant ! À pratiquer de temps à autres. C’est mettre du yin dans une vie trop rapide.

En d’autres moments, surtout pour les sédentaires, faire des marches actives que vous allez « persiller » de moments épars de jogging de 15 ou 30 secondes, pour vous « brasser » sans risquer de vous blesser. Et ça peut mener à adopter le jogging peu à peu. C’est mettre du yang dans sa sédentarité. Ne pas oublier : nous sommes issus d’un modèle de coureur de brousse vieux de plusieurs millions d’années. C’est notre vraie nature.

Le cholestérol, un bouc émissaire ?

Le lien entre la maladie coronarienne et le cholestérol n’est pas ce qu’on en dit, d’après le Dr de Lorgeril (2). Pour une consommation de cholestérol comparable, il y a quatre fois plus de maladie coronarienne en Finlande qu’en France. C’est le fameux « French paradox » qui s’explique par une plus forte consommation de végétaux frais, en particulier de légumes, fruits, grains entiers, huiles végétales comme l’huile d’olive.

De plus, les Français sont forts consommateurs de vin rouge qui protège les artères de par sa forte teneur en antioxydants (resvératrol). Le raisin rouge apporte ces antioxydants… sans alcool, même s’il peut être bénéfique à faible dose.

Pendant ce temps, les États-Uniens consomment leurs gras polyinsaturés sous la forme d’huiles qui, lors de leur production, ont été chauffés six à sept fois dans des traitements à l’aide d’acide phosphorique (un acide fort), de soude caustique diluée, de solvant organique (genre peinture), et j’en passe. Ce sont la margarine et les huiles végétales raffinées dont elle est fabriquée. Préférons les délicieuses huiles pressées à froid aux saveurs si variées.

Faire du yoga aux repas

Le grand humaniste, feu Omraam Michaël Aïvanov, a publié dans une langue très colorée le petit livre, Le yoga de la nutrition (3). Selon Lui, on peut faire d’un repas une cérémonie magique par laquelle la nourriture se transformera en santé, force, amour et lumière. Le yoga de la nutrition consiste à manger très lentement, une occasion de relaxer tout en laissant porter notre esprit sur cette Terre généreuse qui nous a donné tant d’aliments sains et à l’en remercier.

Ce yoga est puissant car immédiatement accessible, chaque jour avec ses trois « séances » de relaxation et d’évacuation du trop-plein. Faites-le en mettant de côté toute autre pensée, surtout les affaires importantes. Pratiquer ne serait-ce que quelques fois. De plus, en mastiquant plus, les aliments restent assez longtemps dans la bouche. Or c’est le segment le plus subtil du tube digestif puisque s’y absorbent des substances alimentaires subtiles plutôt que d’être détruites par la digestion enzymatique. Comme les remèdes homéopathiques.

Préparons des tables agréables sans faire d’oublis, pour éviter d’avoir à nous lever en cours de repas, le tout suivi d’un exercice modéré, plutôt que de rester assis. Mangeons peu, gardant un « petit creux » que le corps comblera d’éléments nobles. À l’opposé, les excès nourrissent le négatif et la sensation de « vide » que l’on tendra à combler… en mangeant.

Références

1. Ornish, D et coll, 1990. Can lifestyle changes reverse coronary heart disease? The Lifestyle Heart Trial. Lancet 336 :129-133.

2. Dr Michel de Lorgeril. Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent et il vous soignera sans médicament, Éditions Thierry Souccar, France, 2007, 414 pages.

3. Aïvanov, Omraam Michaël. Le yoga de la nutrition. Éditions Prosveta, Laval, 1981.

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Dr Carol Vachon
vachoncarol@videotron.ca

Président de l'Association Manger Santé Bio de 1996 à 2000 et auteur du livre « Pour l'amour du bon lait », le Dr Carol Vachon est consultant en nutrition et diffuse des information sur son site Bon Lait.

1 commentaire
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    Monique Belleau
    Publié à 20:28h, 08 février Répondre

    Merci Dr. Vachon pour votre article : « La bédaine en crise ». J’ai particulièrement apprécicié le dernier paragraphe…une table agréable…garder un petit creu… pour se nourrir de noblesse…un peu d’exercice…J’y ajouterais de manger dans l’état de gratitude pour la Vie…Merci au Grand Sage qui vous habite…

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