Alimentation éthique : peut-on réduire l’usage d’antibiotiques dans l’élevage animal ?

Actualité alimentaire
Le mois d’avril a été marqué par des débats de fond sur deux sujet : l’usage des antibiotiques dans l’élevage et les OGM.

Peut-on réduire l’usage d’antibiotiques ?

C’est aux États-Unis que tout a commencé. Le 22 mars dernier, le juge Theodore H. Katz, de la Cour fédérale du district sud de New York, a sommé la Food and Drug Administration (FDA) d’interdire l’utilisation de la pénicilline et de la tétracycline à des fins non thérapeutiques, afin de contrer l’émergence de bactéries multirésistantes, dangereuses pour l’humain.

Le problème est simple et dramatique à la fois : 80% des antibiotiques prescrit le sont pour des animaux d’élevage. Les bactéries résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus nombreuses et plusieurs croient que des infections bénignes ne pourront bientôt plus être soignées. Une vision d’horreur à laquelle nous devons peut-être nous habituer : un monde sans antibios ? Chez nous, La Presse a décidé de dresser un portrait de la question dans un gros dossier et Marie-Claude Lortie en a profité pour nous rappeler que les antibios, c’est la paresse.

Finalement, la FDA a proposé quelques mesures pour réduire l’usage d’antibiotiques dans les élevages. Ces mesures ont été jugées insuffisantes par la plupart des analystes. Sur le même sujet, une autre analyse poussée de Mother Jones : comment l’industrie pharma réussit à contrôler l’agriculture.

L’étiquetage OGM serait trop compliqué

En février dernier, une pétition contenant près de 15 000 noms a été déposée à l’Assemblée nationale demandant l’étiquetage des aliments contenant des OGM, comme c’est le cas ailleurs dans le monde. Le ministre de l’Agriculture a réfléchi puis à tranché. Ça semble trop compliqué. C’est non. Pendant ce temps, on nous annonce que pour la première fois cet été, nous aurons du maïs sucré OGM dans nos champs (et dans nos assiettes). Et comme si ce n’était pas suffisant, des manuels scolaires du primaire font l’éloge des OGM !

Au moins, une bonne nouvelle dans le dossier : le cochon transgénique supposément écolo ne verra pas le jour.

Bien-être animal : des mesures concrètes aux États-Unis, un rapport accablant ici

Encore des progrès dans les normes de bien-être animal. Aux États-Unis, c’est au tour de Burger King de mettre fin aux cages de gestation et d’annoncer qu’elle utilisera des œufs de poules en liberté. Pendant ce temps chez Tim Hortons, le bien-être animal se résume à trouver les animaux mignons et la Société mondiale pour la protection des animaux publie un rapport accablant sur l’élevage industriel au Canada.

On peut d’ailleurs se demander s’il existe des raisons morales de manger de la viande ? Le NYT a posé la question à ses lecteurs. Un jury a sélectionné six textes finalistes. Convainquant ? Sans doute pas pour James McWilliams pour qui ce n’est pas la façon d’élever les animaux qui compte. C’est simplement le fait de les élever ou pas. Chose certaine, ceux qui voudront poursuivre leur réflexion apprécieront ce long article sur l’éthique animale publié par Science et avenir.

En vrac

Greenpeace nous propose un nouveau classement du thon en boîte.

En France, la mort est dans les prés : des agriculteurs intoxiqués en faisant leur boulot. Justement, protéger les travailleurs est une des cinq raisons de choisir ses pommes bio.

J’ai beaucoup aimé ce travail de représentation visuelle des habitudes alimentaires aux 4 coins de la planète et souri en lisant ce billet de touristes se délectant dans le Montréal Végan.

Et quelques trucs un peu plus drôles. Par exemple, y’a des choses qui ne changent pas comme nous le montre cette émission des années 70 qui démystifie le végétarisme ou encore cette vache qui s’enfuit pour aller se réfugier chez McDo. Et pour terminer, un vidéo touchant : un corbeau qui sauve un bébé pigeon…

À propos de l'auteur

Élise Desaulniers

Élise Desaulniers s’intéresse aux questions éthiques liées à l’alimentation et est l’auteur des livres Vache à lait et Je mange avec ma tête ainsi que du blog Penser avant d’ouvrir la bouche.

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