Manger, c’est voter ! 8 gestes pour une alimentation plus saine

Manger, c’est voter!

Mine de rien, notre assiette a du pouvoir. Trois fois par jour, on mange. Trois fois par jour, on vote. Pour des petits producteurs ou des multinationales, pour du bio ou des OGM, pour du terroir ou de l’importé.

… j’avoue. Mes principes et bonnes intentions se heurtent parfois à la réalité. La grande épicerie est à côté. Ouverte jusqu’à 23 h, même le dimanche. Tout y est, vite fait, bien fait. Difficile de ne pas céder à la facilité. Après tout, tout le monde le fait…

Oui mais quand je songe aux conséquences, je me dis que l’effort de s’approvisionner autrement est largement justifié. Et je repense avec plaisir à quelle influence on peut avoir à notre échelle. Entre autres :

  • Encourager les producteurs et l’économie de notre région ;
  • Éviter la pollution et les emballages dus au transport de nos aliments ;
  • Soutenir l’agriculture biologique.

Sans compter qu’il est bien plus agréable de fréquenter les petits commerces que les rayons impersonnels d’un hypermarché. Pas vrai ? Voici donc quelques pistes pour passer des valeurs à l’acte.

1. S’informer sur le sujet

Rien ne vaut quelques vérités dures à avaler pour finir de nous convaincre… Ces trois ressources en contiennent plus qu’il n’en faut. À lire, à voir et à partager !

  • Pas le temps de lire ? Faites vous un plateau télé devant Les alimenteurs (Food Inc.). Voir le site officiel.

2. S’inscrire à un marché de solidarité régionale

C’est LA solution simple pour manger local, solidaire, bio, éthique, sans emballage, alouette. Le concept : d’un côté, des petits producteurs des environs. De l’autre, des consommateurs. Et entre les deux un marché à la fois virtuel (on passe les commandes par internet) et réel (on récupère tous nos produits dans un même lieu).

Au menu : fruits et légumes mais aussi viande, lait, huile, farine, miel, etc. On commande ce qu’on veut quand on veut : idéal pour ceux qui trouvent le principe des paniers trop contraignant.

La liste des avantages est longue, entre autres :

  • Cette formule permet à des petits producteurs d’exister et de vivre de leur passion, en marge des grandes chaînes qui refusent leurs produits. Elle préserve ainsi au Québec une agriculture à petite échelle en voie de disparition…
  • Le prix des produits est très avantageux puisque qu’il ne sert pas à payer l’emballage, le transport, la publicité et les nombreux intermédiaires, mais seulement le producteur qui fixe son prix pour qu’il soit équitable et le marché qui prend généralement un pourcentage.
  • Les produits sont de qualité artisanale et, certains, du terroir, introuvables ailleurs. De belles découvertes gastronomiques en perspective.

La formule se développe partout au Québec depuis environ 5 ans, dans les villes mais aussi en région (Québec, Outaouais, Rive Sud de Montréal, Sherbrooke). Pour trouver le vôtre, googler « marché de solidarité + votre ville ».

3. Participer à un programme d’ASC ou panier bio

Bien connue, la formule des paniers bios a l’avantage d’établir un vrai partenariat entre producteurs et mangeur sous forme d’un engagement pour quelques mois. Deux points parfois méconnus : la formule se poursuit en hiver et certains paniers regroupent plusieurs producteurs (ce qui permet d’avoir aussi viande, fromage, etc). Trouvez votre fermier de famille ou, à Montréal, mangez ultralocal avec les légumes urbains des Fermes Lufa.

4. Fréquenter votre marché local

Ou comment transformer la corvée d’épicerie en sympathique balade au marché. Votre panier sous le bras, découvrez toute la panoplie des bons aliments d’ici, jouez les touristes, goûtez, et savourez l’ambiance plus bucolique qu’un rayon d’épicerie. Pourquoi donc n’y aller que pendant le temps des récoltes ?

5. (Re)découvrir les petits commerces

Dans le même esprit que les marchés, (re)découvrez les petits commerces de quartier. La boulangerie du coin, la nouvelle poissonnerie, le magasin d’aliments naturels. Faites vous un circuit piétonnier ; une belle excuse pour marcher et s’aérer.

6. Chercher le sigle « Aliments du Québec » à l’épicerie

Faciles à reconnaître avec leur fleur de lys en logo, les Aliments du Québec sont un moindre mal quand il faut quand même aller à l’épicerie.

7. Cuisiner en gros et congeler

Pour éviter d’acheter du tout prêt venu de loin, autant avoir du tout prêt sous la main, dans le frigo ou le congélateur. Une façon originale de passer du temps en famille ou entre amis… Mes favoris : toutes les variations sur la quiche (poireaux, brocolis/féta, légumes variés, etc), lasagnes, chili, curry.

8. Planifier son jardin

Rien de meilleur et rien de plus local que nos propres légumes. Sur un petit coin de balcon ou un grand terrain, toutes les raisons sont bonnes pour cultiver ne serait-ce qu’un plant de tomates. Profitez des mois d’hiver pour vous instruire, planifier et vous préparer. Et pour commencer, toutes nos chroniques jardinage.

Plus à propos de :
Marie Eisenmann
info@urbainculteurs.org

Cofondatrice des Urbainculteurs, Marie Eisenmann est convaincue des nombreux bienfaits du jardinage pour nos vies et nos villes. Son souhait : vous donner envie de jardiner et des conseils pour réussir, avec ou sans terrain. À la clef : des aliments frais, bios et locaux.

3 commentaires
  • annie durette
    Publié à 09:22h, 07 janvier Répondre

    Merci pour cet article, il est simple et très éclairant. Un bel outil a partager et faire circuler. Merci d’être là !

  • Annick Guenette
    Publié à 18:01h, 20 janvier Répondre

    Merci pour ce merveilleux texte. Ça représente totalement ce que je pense. Quand je dis aux gens autour de moi que manger c’est voter, ils me regardent comme si j’étais folle! Là au moins je me sens moins seule hihi. Le plus triste, c’est que les gens vont même pu voter alors…. m’enfin… plus on est de fou et plus on rit! ;)

  • olivier Rousseau
    Publié à 01:13h, 02 février Répondre

    SUPER comme article!! J’adore tous les points que j’essaie de pratiquer avec rigueur dans ma vie pour encourager et voter par mes choix 3 fois par jour. J’espère juste qu’un jour on va aussi parler de voter pour la fin de la mise mort d’animaux pour nos assiettes. 3 Fois par jour on peut aussi voter pour ne pas encourager la mort d’animaux qui ressentent très bien la douleur et qui ne demande qu’a vivre et ne mérite pas que l’on choisisse quand et comment il meurt pour nos simples plaisirs gustatifs. Voila mon petit commentaire d’ajouter. Merci pour le superbe article. Je partage!!!!

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