Compostez, la nature vous le rendra… ou comment faire son compost

Compostage : Comment faire con compost

Les déchets verts constituent 40 % de nos résidus. Mis à la poubelle, ils sont incinérés ou enfouis ce qui crée des dommages environnementaux importants. Une aberration puisque ces matières peuvent facilement être valorisées par le processus de compostage.

L’été est la saison idéale pour se mettre au compost. Les matières vertes abondent à la cuisine et au jardin. Le rythme estival nous donne du temps pour lancer le projet. Le soleil nous incite à jouer dehors. Et avec les enfants, c’est une excellente façon de les impliquer dans un geste environnemental tout en leur montrant ce processus naturel essentiel.

Pas d’espace à l’extérieur ? Essayez le vermicompost ! Dans tous les cas, la nature vous le rendra ! Voici un ABC pour produire votre propre « or brun ». Même sur un balcon, même dans la maison.

Redonner à la terre

Le compostage est un processus naturel qui transforme les matières vivantes (déchets verts de table et de jardin, feuilles mortes, etc) en un produit d’apparence semblable à de la terre mais beaucoup plus riche, du compost. Il met en œuvre des millions d’organismes vivants (vers de terre, bactéries, champignons et autres micro-organismes) qui décomposent la matière et la transforme en éléments nutritifs plus simples dont les plantes s’alimentent. Une manne pour les jardiniers ! Pas de jardin ? Faites cadeau de votre or brun !

Pourquoi faire du compost ?

L’impact environnemental de l’enfouissement ou de l’incinération de ces matières est un argument suffisant pour se mettre au compost :

  • Les matières compostables représentent 675 kg (env 1500 lb) par année pour une famille de quatre. En allégeant votre sac à ordures, vous réduisez les matières collectées par la ville donc l’essence et les GES reliés au transport ainsi que les coûts d’élimination.
  • Mélangées et enfouies avec d’autres déchets, les matières organiques fermentent et créent du méthane, un gaz à effet de serre. Résultat : au Canada, les dépotoirs produisent près d’un quart des émissions de méthane… Quant à l’incinération, elle génère du dioxyde de carbone et de l’oxyde d’azote, deux autres gaz à effet de serre visés par le protocole de Kyoto.

Au contraire, gérer nos déchets verts à domicile permet de valoriser ces matières :

  • En plus d’être riche en éléments nutritifs, le compost augmente la rétention d’eau et améliore la structure du sol. Il équilibre aussi le pH et contribue à maintenir les plantes en santé, entre autres bienfaits.
  • Produire du compost, c’est aussi réduire ou supprimer le besoin d’en acheter donc pour vous des économies à la clé.

Composter à l’extérieur

Prévoyez un espace de 1 à 2 m cube dans la cour ou sur le balcon, idéalement partiellement ombragé (le compost doit rester humide). Le mieux est de pouvoir poser le bac sans fond directement sur le sol.

Acheter ou fabriquer un bac

  • En bois ou plastique, de nombreux modèles sont disponibles à partir de 50 $ en quincaillerie ou auprès d’organismes environnementaux. La Ville de Québec a publié un comparatif qui vous aidera à choisir.
  • Certaines municipalités offrent des programmes de subvention pour l’achat d’un bac à compost. Renseignez-vous !
  • Un bon bac à compost a un couvercle et des ouvertures de ventilation. Il permet facilement de retourner les matières pour les aérer et d’extraire le compost quand il est prêt.
  • Un bac c’est bien mais deux, c’est mieux pour pouvoir remplir le deuxième pendant que le premier mature. Si l’espace est disponible, un bac de bois double ou triple avec porte amovible en avant est la meilleure option.

Quelles matières composter ?

Le succès du compost tient notamment à l’équilibre entre les matières vertes ou humides et les matières brunes ou sèches qu’il faut placer en alternance dans le tas.

Matériaux verts :

  • Déchets de cuisine : résidus de fruits et légumes, restes de pain, pâtes alimentaires, légumineuses, filtres et résidus de café, sachets de thé et tisane, etc.
  • Déchets verts de jardin : fleurs fanées, résidus de taille, plantes adventices (mauvaises herbes), etc.
  • Poils d’animaux et cheveux

Matériaux bruns :

  • Feuilles mortes (faites des réserves à l’automne)
  • Brindilles et branches, copeaux et sciures de bois
  • Aiguilles de conifères (petite quantité)
  • Papier journal (encre noire seulement et petite quantité)
  • Paille
  • Vieux vêtements en fibre naturelle

Autres matériaux :

  • Coquilles d’œufs
  • Terreau d’empotage, terre de jardin, vieux compost

À exclure du compostage domestique :

  • Viande, poissons et crustacés
  • Produits laitiers, os, gras et huile
  • Plantes malades, en graines, à rhizomes ou traitées à l’aide de pesticides
  • Feuilles de rhubarbe, de chêne et de noyer
  • Cendres
  • Excréments

Marche à suivre

1. Alterner les couches en commençant par environ 5 cm de compost ou de terre puis une couche (10 à 20 cm) de matériaux bruns suivi d’une couche de verts. Ajouter de temps en temps une fine couche de compost ou de terre du jardin. On suggère un ratio de deux parties de « brun » pour une de « verts », mais l’important est de garder une humidité adéquate et de corriger selon les déchets que vous avez sous la main.

2. Humidifier si besoin pour que le tout ait toujours la consistance d’une éponge essorée.

3. Aérer en retournant votre compost au moins quelques fois par mois.

Facteurs de succès

  • Un signe que le processus est enclenché est le dégagement de chaleur. Si le tas sent mauvais, c’est qu’il est trop humide, ce qu’on corrige en ajoutant des matières brunes ou de la terre.
  • Plus les matières sont en petits morceaux, plus vite elles se décomposent. Garder les résidus de cuisine dans un contenant fermé quelques jours accélère le processus. On peut aussi les passer au mélangeur…
  • Le compost est prêt après 4 à 12 mois de décomposition quand il a l’apparence et l’odeur de la terre et qu’on ne distingue plus les matériaux de base. Il faut donc arrêter de lui ajouter des matières à un certain point de sorte à terminer le processus, d’où l’utilité d’avoir un 2ème bac. Pendant l’hiver, on peut accumuler les matières vertes dans des chaudières en attendant le printemps ou opter pour le vermicompost.

Composter à l’intérieur avec le vermicompost

Pas d’espace à l’extérieur ? Envie de poursuivre l’expérience pendant l’hiver ? Le vermicompost se fait à la maison avec un bac et des vers spécialement dédiés à la tâche, les lombrics. Les matières et proportions sont les mêmes que pour le compost extérieur. Le résultat est un humus encore plus riche que le compost extérieur.

On peut acheter un bac conçu pour cet usage ou le fabriquer très facilement avec un simple bac en plastique muni d’un couvercle. Plusieurs ressources (versunavenirvert.com, pousse-menu.com, incontournable.com) vendent les équipements et les vers qui peuvent être livrés à domicile. Elles fournissent aussi la méthode détaillée pour se lancer.

Autres options : le ramassage et le compost communautaire

Il est enfin possible de participer au compostage à l’extérieur de chez soi avec deux options : le ramassage à domicile avec Compost Montréal ou le compostage communautaire offert par certains organismes ou jardins communautaires. Dans ce 2ème cas, vous avez la clef du bac à compost où vous emmenez régulièrement vos matières. Une bonne façon de valoriser nos déchets quand on manque d’espace !

En savoir plus

  • Site internet : Les villes de Québec et Montréal fournissent de nombreux conseils et documents pdf à télécharger.
  • Des conférences et cours sont parfois donnés sur le sujet par les municipalités et organismes communautaires.
Plus à propos de :
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Marie Eisenmann
info@urbainculteurs.org

Cofondatrice des Urbainculteurs, Marie Eisenmann est convaincue des nombreux bienfaits du jardinage pour nos vies et nos villes. Son souhait : vous donner envie de jardiner et des conseils pour réussir, avec ou sans terrain. À la clef : des aliments frais, bios et locaux.

2 commentaires
  • Réjean Vachon
    Publié à 10:38h, 10 juin Répondre

    J’ai une question. Pourquoi on ne peut mettre l’écorce des fruits citrins
    Merci

  • Raymond
    Publié à 04:06h, 30 novembre Répondre

    Bonjour Réjean, les épluchures d’agrumes dans le lombricompost, c’est vrai qu’en espace aussi petit il ne faut pas en mettre. Les traitements de ces fruits et leurs essences tuent les vers eseinias mais dans le compost pas de problème (à moins d’en manger plusieurs kilogs chaque jour). Voilà 13 ans que je les incorpore au compost et il n’y a jamais eu de problème – même en compostage à froid (déchets de cuisine direct sur le sol) recouverts (pour l’esthétique du jardin), c’est vite digéré par le sol. Essayez et vous serez etonnée du résultat!

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