5 conseils pour limiter l’entretien du jardin

5 conseils pour limiter l’entretien du jardin

« Mauvaises herbes », arrosage, limaces… voici quelques trucs pour simplifier le jardinage et améliorer les résultats.

1. Mettre du paillis : une application, plusieurs bénéfices

Le paillis est un matériau que l’on applique au pied des végétaux, en pleine terre et en pot, notamment pour réduire l’entretien. Plusieurs avantages tant pour les plantes que pour le/la jardinier/e :

  • Le paillis limite l’évaporation de l’eau contenue dans le sol et donc les besoins en arrosage et les risques de stress hydrique pour les végétaux.
  • Il empêche en partie la croissance des « mauvaises herbes » dont les graines, cachées sous le paillis, ont plus de mal à pousser.
  • Il favorise la présence des vers de terre et micro-organismes dans la couche supérieure du sol, ce qui est bénéfique pour les plants.
  • Il donne une touche de finition esthétique.

Plusieurs types de paillis peuvent être utilisés :

  • Le bois raméal fragmenté (BRF) est fait de petites branches de feuillus déchiquetées. Il combine performance, origine locale, bas prix et esthétique mais il n’est pas toujours facile à trouver. Essayez auprès d’un émondeur ou de votre municipalité (1).
  • La paille : à acheter auprès d’un agriculteur (demandez au marché ou lors d’une virée à la campagne).
  • Le paillis de coco est plus facile à trouver en centre jardin sous forme de copeaux compactés dans un bloc à faire gonfler dans l’eau.
  • Les feuilles mortes dont il faut avoir fait une réserve l’automne précédent…

Comment s’y prendre :

Dans tous les cas, mettre une couche de 2 à 4 cm d’épaisseur. D’autres options intéressantes mais à appliquer plutôt avant de faire les plantations : carton, toile de jute, géotextile ou plastique noir. Attention : pas de paillis de cèdre au potager car il est acide.

2. L’art de l’arrosage, ça s’apprend !

Un arrosage judicieux est bon pour les plantes… et pour vous. Oui on peut éviter d’en faire une corvée et partir en vacances sans tirer un trait sur le jardin !

Une évidence bonne à rappeler : les plantes ont besoin d’eau pour produire feuilles et fruits qui sont constitués en grande partie… du précieux liquide.

Le manque d’eau cause un stress à la plante. Affaiblie, elle est plus sujette aux ravageurs et maladies. Et, en cas de pénurie, certaines (laitue, épinard, roquette) montent rapidement en graines pour assurer leur reproduction; elles perdent alors leur bon goût.

Comment s’y prendre :

  • Pendant deux semaines après le semis ou la transplantation, arroser régulièrement (tous les jours en cas de grosse chaleur) pour permettre le développement du système racinaire.
  • Ensuite, il vaut mieux arroser moins souvent (ex : 2 fois/semaine) mais en grande quantité pour permettre le développement de racines profondes qui rendront les plantes plus autonomes.
  • L’application de paillis (voir ci-dessus) permet de réduire grandement la fréquence d’arrosage et la quantité.
  • Il est préférable d’arroser tôt le matin ou sinon en fin d’après-midi. Évitez les heures de grosse chaleur (évaporation, différence de température eau/air, effet de loupe et brûlure) et la fin de soirée (humidité persistant la nuit qui peut favoriser des maladies).
  • L’eau de pluie est la meilleure (pas de chlore, bonne température). Si vous pouvez, installez un baril de récupération.
  • Pour partir en vacances l’esprit tranquille ou simplifier l’arrosage quotidien, optez pour un système automatique simple et bon marché. Deux options : 1) Iriso est un ingénieux système de goutte à goutte qui fonctionne par gravité avec une réserve d’eau (de la simple bouteille recyclée au gros baril). Pour 5 à 25 $ env, il offre plusieurs semaines d’autonomie. 2) Pour les plus grands jardins, il est très facile d’installer un système branché sur une arrivée d’eau avec une minuterie à batteries et un tuyau suintant à étendre au pied des plantes (env 60 $ pour les deux, en quincaillerie et centre jardin).

Pour tout savoir sur le sujet, lisez le récent « Guide de l’eau au jardin » de Lili Michaud.

3. Désherber pour éviter la compétition

Entretient jardin désherber
Les « mauvaises herbes » ne sont pas si mauvaises. La preuve ? Plusieurs sont bonnes à manger et même excellentes pour la santé ! Problème : elles sont si prolifiques que, sans contrôle, elles auront vite fait d’envahir le jardin au détriment de vos autres cultures. Mieux vaut prévenir…

Contrôler les plantes adventices, c’est :

  • Éviter à vos cultures d’être en compétition avec les « mauvaises herbes » pour les ressources disponibles (espace, eau, nutriments).
  • Éviter la formation de graines de ces plantes adventices et donc leur dissémination l’année suivante.
  • Bénéficier de l’usage de ces plantes spontanées : les manger (2), les utiliser pour leurs propriétés médicinales ou encore comme engrais (ex : purin d’ortie ou de prêle).

Comment s’y prendre :

  • Il est plus facile de retirer les adventices quand elles sont petites et après une bonne pluie ou un arrosage car dans les deux cas les racines offrent moins de résistance.
  • Parfois un petit outil long ou une truelle aident à bien déloger la racine.
  • Le paillis (encore lui) limite grandement la présence des adventices.
  • Une bonne façon de s’en débarrasser est de les manger, surtout au printemps quand les feuilles sont jeunes. Procurez-vous un livre pour bien savoir les identifier.

4. Engrais : surtout pour la culture en contenant

Jardiner bio ne veut pas dire sans engrais. Surtout quand on cultive en contenants où les plantes ont toujours moins d’espace qu’en pleine terre pour se développer et aller chercher leurs nutriments.

  • Pour combler le manque de nutriments disponibles en pot.
  • Pour soutenir la croissance des plantes exigeantes (tomates, concombres, zuchinis, poivrons).
  • Pour redonner à la terre ce qu’on y prélève.

Comment s’y prendre :

  • Choisissez un engrais biologique et respectez les directives d’utilisation. Rien ne sert de surdoser.
  • Nous recommandons notamment la farine de crabe Bionord associée aux algues qui offre un engrais complet, d’origine locale et qui valorise un déchet de l’industrie tout en étant très simple d’utilisation (deux applications dans la saison).

5. Surveiller les ravageurs et accepter de partager

Entretien jardin limaces
Petites et grosses bibittes apprécient vos légumes autant que vous ? Réjouissez-vous : c’est qu’ils sont bons ! Quand même quelques conseils pour limiter la part laissée à la nature…

La lutte biologique s’impose !

  • Dans plusieurs cas, le prélèvement manuel est la première option.
  • Limaces : répandre au pied des plants une matière coupante ou poudreuse sur laquelle elles n’apprécient pas de passer (coquilles d’œuf broyées, sable, copeaux fins, cendre) ou encore mettre de la bière dans un petit contenant semi enterré (elles vont s’y noyer).
  • Écureuils : fléau difficile à contrôler… Essayez la coupelle d’eau où ils s’abreuveront au lieu de croquer dans vos légumes pour en extraire le jus ou encore les peanuts placées loin du jardin pour les détourner de leur chemin de passage habituel.
  • Marmottes, ratons, etc : la capture avec une cage Havahart est efficace. Certains arrondissement ou antennes SPCA prêtent ou louent l’équipement.
  • Insectes : la grande majorité est non nuisible voire bénéfique. Certains font des dommages limités qu’on peut facilement accepter (ex : les altises qui trouent la roquettes et les feuilles de radis). Pour les autres, il existe plusieurs moyens de lutte biologique (3) qui vous permettront de manger vos légumes sans crainte.

Un dernier conseil…

N’hésitez pas à récolter pour stimuler la production. C’est notamment vrai avec le basilic donc il faut couper régulièrement quelques centimètres de la tête et supprimer les fleurs pour qu’il multiplie ses branches. Ça vaut aussi pour les haricots, poivrons, zuchinis pour lesquels une récolte hâtive d’un ou deux « fruits » encourage la plante à en produire d’autres.

Bon jardinage !

Références

Plus à propos de :
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Marie Eisenmann
info@urbainculteurs.org

Cofondatrice des Urbainculteurs, Marie Eisenmann est convaincue des nombreux bienfaits du jardinage pour nos vies et nos villes. Son souhait : vous donner envie de jardiner et des conseils pour réussir, avec ou sans terrain. À la clef : des aliments frais, bios et locaux.

4 commentaires
  • JGuy Archambault
    Publié à 15:06h, 04 juillet Répondre

    Depuis des lunes que je fonctionne de cette manière et les attentes sont toujours au rendez-vous.

  • Aline Leclerc
    Publié à 17:32h, 06 août Répondre

    J’ai pris de bonnes notes. Merci !

  • Danie
    Publié à 13:39h, 18 mars Répondre

    Bonjour! Un jardin planté assez près d’une haie de cèdre aura-t-il aussi des problèmes d’acidité? Merci!

  • Christelle
    Publié à 18:58h, 27 juin Répondre

    Par contre les coquilles d’oeufs cela na marche pas pour les limaces, testé plusieurs fois. Maintenant je leur laisse les déchets de cuisine.

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