ABC pour jardiner avec ou sans terrain

ABC pour jardiner avec ou sans terrain

Légumes frais et bios, cadre de vie plus agréable, détente et ressourcement : quelques unes des nombreuses vertus du jardinage. Savoir essentiel mais en perdition, il fait un heureux retour, notamment dans les villes. Tous au jardin ! Avec ou sans terrain !

Où jardiner ?

À la campagne, les espaces ne manquent pas. Bonne nouvelle : en ville non plus ! Si vous n’avez pas accès à un terrain, des pots vous permettront de jardiner où vous voulez. Quelques idées :

Balcons, terrasses, patios, rambardes, murs : du simple pot de ciboulette à la mini jungle urbaine, tout est possible. Parfait pour s’initier à petite échelle, avoir des récoltes à portée de main et embellir son environnement immédiat. Même les rambardes peuvent accueillir des pots suspendus et disparaître dans un écran végétal. Les rampes d’escalier font aussi de bons « tuteurs » où faire grimper haricots, courges, concombres, etc.

Plates-bandes : pourquoi ne pas y introduire des espèces comestibles ? Certaines sont aussi belles que bonnes : basilic pourpre, mélange de laitues rouges et vertes, kale, shiso, bette à carde multicolore… Quelques fleurs comestibles avec ça ? Attention : pas de paillis de cèdre pour les plantes potagères.

Cours ou terrains gazonnés : retourner un petit coin de terre et le préparer en jardin n’a rien de compliqué. Pour commencer, on peut se contenter de la base : une bêche et beaucoup de compost. Sol contaminé ou pas envie de le travailler ? Optez pour le jardinage en contenants (il existe des grands formats très abordables) ou les plates-bandes surélevées.

Jardins communautaires ou collectifs : dans les premiers, chacun sa parcelle et ses récoltes; dans les seconds, on partage tout. Les deux sont parfaits pour s’initier car vous y trouverez conseils et inspiration auprès d’autres jardiniers. Outils et eau sont fournis, parfois aussi des formations. Ne vous découragez pas de la liste d’attente : des places se libèrent souvent début juin. Contactez votre municipalité ou arrondissement pour la liste des jardins.

Toits : si vous y avez accès, c’est une option de choix car soleil et chaleur sont au rendez-vous. La culture en contenants en fait un projet peu coûteux et facile à installer. Les toits au Québec sont conçus pour résister à une charge de 50 lb/pi2. Pour l’hiver, déplacez vos contenants sur les structures portantes ou videz-les. Prévoyez un accès à l’eau et si besoin, une protection contre le piétinement de la membrane du toit.

Critères pour choisir l’emplacement

Soleil : les plupart des légumes exigent 6 à 8 h d’ensoleillement. Les fines herbes, légumes feuilles (laitues, épinards, bettes à carde, etc), les légumes racines (radis) et les légumineuses (pois) peuvent se contenter de moins. Si votre cour arrière est ombragée, cultivez vos tomates, poivrons, concombres en pots à l’avant.

Qualité du sol : le sol est essentiel en jardinage. C’est le garde-manger des plants; les racines doivent y trouver nourriture, eau et air. Si vous implantez un jardin en pleine terre, aérez bien le sol et ajoutez-y généreusement du compost (crevettes, etc). Les livres et sites internet de jardinage vous aideront à mieux connaître votre sol et le préparer. Pour cultiver en pots, lire ci-dessous.

Accès à l’eau : ne faites pas de l’arrosage une corvée. Implantez votre jardin près d’un accès à l’eau. Il existe plusieurs trucs pour limiter la fréquence des arrosages. Nous y reviendrons dans un prochain article.

Cinq conseils pour cultiver en contenant

Un pot assez gros : évitez l’effet bonzaï ! Un petit pot donne un petit plant et nécessite des arrosages plus fréquents. Pour un plant de tomates, un pot de 18 pouces n’est pas de trop.

Halte à la compétition : le compagnonnage oui, cinq sortes de fines herbes dans une minuscule jardinière, non !

Drainage : si vous recyclez un contenant quelconque, assurez-vous qu’il y ait des trous de drainage dans le fond.

Un bon mélange de terre : les légumes sont plus exigeants que les fleurs. Faites un mélange avec 50 % compost (nutriments, micro-organismes) et 50 % terreau de rempotage léger (aération, drainage).

Engrais : dans un pot, la plante a toujours moins d’espace qu’en pleine terre pour collecter ses nutriments. Il est donc important de soutenir la croissance avec un engrais biologique (ex : farine de crabe et algues Bionord, fumier de poule Actisol, algues et émulsion de poisson).

Quoi cultiver pour commencer ?

Fines herbes : parfaites pour débuter car faciles à cultiver et très utiles en cuisine, elles exigent peu de place. Chères à l’épicerie et difficiles à conserver une fois coupées, on a tout intérêt à les faire pousser. De plus, le choix est vaste : des grands classiques (ciboulette, persil, basilic) aux originaux (autres variétés de basilics, shiso, menthe chocolat, etc.)

Légumes : la panoplie est grande. Parmi les préférés pour s’initier : tomates, laitues, roquette, radis, zucchinis, concombres, haricots grimpants. Méconnu, le topinambour est une bonne culture de débutant : il supporte sécheresse et sol pauvre et fait des fleurs comme un tournesol. À mettre en pot car envahissant.

Fleurs comestibles : elles décorent le balcon puis l’assiette. Plus nombreuses qu’on pense et faciles à cultiver, elles ajoutent originalité, couleur et texture. Parmi elles : capucines (fleurs et feuilles), pensées, soucis, hémérocalles, œillets, tulipes, etc.

Petits fruits : les cerises de terre poussent presque comme de la mauvaise herbe et sont très généreuses en fruits. Les fraises sont vivaces (de retour chaque printemps). Et pourquoi pas des arbustes fruitiers (cassis, gadelles, groseilles, framboises, etc), en pleine terre ou dans de grands pots ? Ils sont peu exigeants et produisent pendant des années.

Passer à l’action !

Quand semer et planter : ça dépend grandement des variétés et du climat de votre région. Les livres et sites de jardinage vous donneront toutes les indications. Retenez que quelques espèces (radis, laitues notamment) peuvent être semées dès le début mai. Pour les espèces de climat chaud (tomates, poivrons, basilic, courges), il faut attendre les derniers risques de gel (fin mai / début juin) pour la transplantation extérieure.

Où acheter graines et plants : privilégiez les semenciers québécois qui produisent à petite échelle des variétés très adaptées à notre climat. Pour les jeunes plantes, optez pour les marchés, les centres jardins (et certaines les quincailleries).

Marie Eisenmann
info@urbainculteurs.org

Cofondatrice des Urbainculteurs, Marie Eisenmann est convaincue des nombreux bienfaits du jardinage pour nos vies et nos villes. Son souhait : vous donner envie de jardiner et des conseils pour réussir, avec ou sans terrain. À la clef : des aliments frais, bios et locaux.

10 commentaires
  • Mlle Pigut
    Publié à 12:12h, 01 mai Répondre

    Merci pour ces conseils!

  • Liam
    Publié à 10:27h, 02 mai Répondre

    EnviroZone fait un mur de culture agrobiologique pour l’intérieur et l’extérieur qui marche autant en hydroponie qu’avec des substrat organiques, c’est pour moi l’alternative la plus rentable, en espace et en coûts… puis c’est tellement facile d’utilisation.

    Je produit depuis 2 ans entre 63 et 99 plants de fines herbes en même temps dans une section de 4′ haut x 8′ long sur ma clôture et j’en ai un format plus petit dans ma cuisine qui accueilles 25 plantes tropicales. C’était mon rajout…car tu as vraisemblablement omis de mentionner la culture verticale ici.

  • Mamie101
    Publié à 14:40h, 03 mai Répondre

    La culture verticale? Wow, j’aimerais en savoir plus, car je n’aie que peu de surfaces horizontales, mais un grand mur “aveugle” de deux étages! Merci pour ces conseils et bon jardinage à tous!

  • Helene Alarie
    Publié à 21:31h, 03 mai Répondre

    Bravo. Dans les bonnes raisons de faire un jardin en pots, il y a les personnes malades ou âgées qui ne peuvent plus se pencher comme dans leur jeunesse pour cultiver la terre. (et j’en suis). Mes enfants m’ont fait un bac surélevé de 4pieds par 8 ainsi que pleins de gros pots ou je cultive les fines herbes et tomates. J’en donne à mes amis tant c’est productif. Une joie de l’été à portée de ma main.

  • Liam
    Publié à 00:53h, 06 mai Répondre

    @Mamie101 je vous le conseille et le réfère sans attendre..c’est EnviroZone : info@envirozone.ca, et quel passionné !

  • Joaquim
    Publié à 09:17h, 16 mai Répondre

    Bel article :) il faut continuer

  • Marie Eisenmann
    Publié à 15:24h, 16 mai Répondre

    @Liam. Merci pour votre ajout. J’ai évoqué rapidement la culture verticale sur les murs et rambardes mais je ne connaissais pas EnviroZone. Leur site internet étant en construction, j’imagine que c’est encore assez peu développé ici… Il me ferait plaisir de voir des photos de vos installations car c’est intéressant. N’hésitez pas à m’en envoyer à info@urbainculteurs.org

  • Gélineau Valérie
    Publié à 09:24h, 05 septembre Répondre

    Existe-il des points de vente du smart pot en France?
    Merci

  • Nick
    Publié à 09:21h, 24 janvier Répondre

    Les smart pot peuvent être livré en france sans prôblème par poste, simplement commandé à info@urbainculteurs.org, Marie ce fera un plaisir de vous les faire parvenir!

  • Clothilde
    Publié à 10:52h, 03 mai Répondre

    Au mois d’avril, j’ai planté des semences de plusieurs annuelles dont les capucines, les gloires du matin et les cosmos, les deux premiers leur feuillage s’est mis à se tacheter de blanc. Je les ai aclimatées à l’extérieur, dès les journées plus chaudes du mois d’avril, jusqu’à maintenant. Savez-vous ce qu’ont mes plantes ? Est-il possible de mettre de l’engrais aussi aux annuelles ? Merci de me répondre !!! :)

Écrire un commentaire