Ayurvéda : l’alimentation du gros bon sens

Mes études en alimentation ayurvédique, mes propres expériences de vie et celles vécues par mes proches se rejoignent naturellement pour former une nébuleuse de principes que j’appellerais : « l’alimentation du gros bon sens ».

Au final, l’alimentation ayurvédique va de soi

Dans l’expression « gros bon sens », on retrouve le mot « sens » et celui-ci désigne l’espace intermédiaire liant la conscience du soi et l’environnement ressenti par cette même conscience. Ceci inclut l’expérience des aliments que l’on ingère.

L’alimentation ayurvédique repose sur des principes intelligibles, à l’image de la conception naturelle de nos pensées, un langage qui parle à celui de notre esprit : le chaud, le froid, la lourdeur, la légèreté, l’onctuosité, la sécheresse et les saveurs sucrées, acidulées, salées, piquantes, amères ou astringentes.

Pour décrire tout cela, l’ayurvéda utilise des termes comme « gunas », qui décrivent les propriétés et les qualités des aliments telles que leur humidité, leur température ou leur poids. L’ayurvéda emploie aussi des termes comme « rasa » et « vipaka » pour parler des saveurs et de leurs effets post-digestifs.

Par exemple, le jus du citron est légèrement onctueux et sa saveur est acidulée et astringente et pourtant il devient alcalinisant après sa digestion dans l’estomac et le duodénum. En ayurvéda, nous pourrions dire que le citron est « snigdha amla kashaya rasa madhura vipaka », soit littéralement : onctueux, goût acidulé-astringent et saveur post-digestive douce.

Les principes de base de l’alimentation ayurvédique sont exposés dans l’article « Alimentation et ayurvéda 101 » et se précisent dans le texte intitulé : « Comment et pourquoi utiliser les six saveurs en alimentation ayurvédique ».

Après 7 000 ans d’expérience clinique, l’ayurvéda ne conclut à aucun régime ; une bonne alimentation demeure variée, composée dans les grandes lignes de protéines complètes, de quelques céréales, de beaucoup de légumes et de quelques fruits. Ces proportions vont varier d’un individu à un autre en fonction de ses besoins personnels, déterminés selon les paradigmes naturels de l’ayurvéda.

Prudence et autonomie en ces temps périlleux

Alors que les changements climatiques vont sans cesse croissant et que la destruction environnementale bat son plein, la crise économique se profile et les envolées inflationnistes de l’agriculture mondiale frappent les populations. Dans ce contexte, l’autonomie alimentaire devient de plus en plus importante et une partie des solutions passe par de nouvelles pratiques agricoles, un renouveau de l’alimentation et une plus grande harmonie avec la nature.

Nous avons intérêt de commencer à cultiver quelques aliments à la maison pour nous faire la main et garantir des récoltes vibrantes dont les saveurs n’auront d’égal que les vertus pour la santé. Que vous habitiez dans un appartement de deux pièces en ville (comme moi), que vous ayez un petit jardin ou que vous viviez carrément à la campagne avec tout l’espace du monde, il est toujours possible de donner de l’expansion à vos activités agricoles personnelles…

Je me souviens d’un journaliste du domaine de l’économie qui présentait une idée pour faire plusieurs milliers de dollars/euros par mois : cela consistait en une série d’étapes pour démarrer une entreprise faisant pousser des germinations où il démontrait qu’une fortune peut être générée à partir d’une seule pièce libre dans un appartement, sans fenêtre s’il le faut.

Voici quelques idées pour diversifier vos plantations :

  • Installer des tablettes près des fenêtres pour multiplier votre collection de plantes
  • Ajouter des jardinières aux balcons, corniches et plafonds de votre habitation
  • Cultiver de nombreuses plantes en pots pour faciliter leur mobilité
  • Installer des lampes spécialement conçues pour les végétaux dans une pièce sombre
  • Agrandir le potager, ajouter des points d’eau, des perchoirs et quelques arbres fruitiers
  • Vous informer sur les plantes comestibles et médicinales et vous renseigner sur leurs propriétés
  • Cultiver une forêt nourricière à l’aide des principes de base retrouvés en permaculture

Adaptez vos plantations selon vos besoins personnels

L’ayurvéda nous guide vers la connaissance de soi et de notre nature véritable par l’exploration et l’observation de nous-mêmes ainsi que de notre environnement. Grâce aux principes détaillés dans les articles référencés ci-haut, l’alimentation ayurvédique nous guide en fonction de nos besoins et de nos tendances vers certaines textures, certaines saveurs et certains nutriments, par conséquents.

En vous servant des articles publiés sur ce site dans la section ayurvéda et en effectuant quelques recherches, vous découvrirez bientôt quelle tangente devrait prendre votre alimentation et quels sont les principes de nutrition les plus importants à suivre selon votre nature, vos symptômes, votre mode de vie, etc.

Vata, pitta et kapha forment les « trois doshas », des principes inhérents à la vie qui s’emballent et deviennent rapidement problématiques. Tels les points cardinaux (Nord, Sud, Est, Ouest), les trois doshas nous permettent de retrouver la direction de notre équilibre. Pour ce faire, on observe les symptômes et signaux corporels indiquant si nous sommes en excès de « vata », le mouvement, de « pitta », la transformation ou encore de « kapha », la préservation.

Jardiner en fonction de ses doshas

Pour ceux et celles qui doivent apaiser « vata », se calmer, bien dormir et reprendre des forces, vous pourriez cultiver le basilic sacré et l’avoine pour fortifier votre système nerveux, de l’ortie pour soutenir les surrénales ainsi que cultiver des légumineuses et des légumes racines pour bien vous nourrir. La lavande saura par ailleurs détendre l’esprit embrouillé par vata ou kapha tout en réchauffant quelque peu le corps et en décontractant les muscles tendus.

Quant aux personnes en excès de « pitta », la stellaire, la menthe, le jasmin et la mélisse feront des merveilles en salade et en infusions froides pour calmer les ardeurs du feu de pitta tout en ménageant vata. Maintenant que le céleri coûte une fortune, pourquoi ne pas en faire pousser soi-même ainsi que du kale, des germinations et des épinards, tous riches en minéraux alcalinisants parfaits pour pitta, qui va souvent de pair avec un surplus d’acidité. Les concombres et les melons seront bénéfiques si consommés entre les repas et en quantités raisonnables.

Enfin, pour les problématiques et les personnes de nature « kapha », le romarin et le basilic commun sont intéressants pour stimuler la circulation sanguine et le métabolisme. Faciles à cultiver, on peut aussi ajouter un plant de piments forts ainsi que les mêmes légumes minéralisants recommandés pour pitta : épinards, kale et germinations (particulièrement les piquantes comme les pousses de moutarde et les pousses de roquette). Les salades amères sont également excellentes à la fois pour pitta et kapha.

Sur ces suggestions, profitez-bien de la nature et mangez donc une grosse fleur d’hémérocalle à ma santé, elles sont délicieusement charnues et comestibles, si vous ne le saviez pas!

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Jonathan Léger Raymond
namaste@ayurvedarevolution.com

Thérapeute en ayurvéda et herboriste accrédité par la Guilde des Herboristes du Québec, Jonathan Léger Raymond est un thérapeute holistique spécialisé en ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et se consacre à présent à l'édification d'une plate-forme internationale de référence sur l'Ayurvéda et le mode de vie écologique: Ayurvéda Revolution.

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