L’art du semis direct

L'art du semis direct | Par Yves Gagnon | Association Manger Santé Bio

Au jardin, de nombreuses espèces sont multipliées par semis intérieur. C’est le cas des espèces tropicales qui, lorsque semées directement au jardin, ne disposent pas du temps nécessaire pour mûrir leurs fruits et donner une récolte digne de ce nom.

C’est le cas des tomates, des piments, des poivrons, des aubergines et des melons. Certaines espèces septentrionales, à cause de leur long temps de croissance, commandent également le semis intérieur. Citons l’oignon, le céleri, le céleri-rave, l’artichaut et le persil.

D’autres plantes peuvent être multipliées à la fois par semis intérieur ou par semis direct. Le semis intérieur hâtera la récolte, mais le semis direct permettra tout de même une récolte abondante. C’est le cas des choux pommés, du brocoli, du chou-fleur, de la laitue et de la chicorée.

Enfin, un bon nombre d’espèces se propagent exclusivement par semis direct, soit parce qu’elles ne tolèrent pas la transplantation ou encore parce qu’un semis en caissettes s’avérerait fastidieux. C’est le cas du maïs, du pois, du haricot, du rutabaga, de la carotte, du panais et de la betterave.

Parmi les espèces qu’on multiplie par semis direct, certaines sont rustiques, donc résistantes au gel. On peut donc les semer dès que la terre se travaille, soit à partir du début de mai pour la plupart. C’est le cas de quelques verdures dont la roquette, la moutarde, la mâche, la bette à carde, les chicorées, les épinards et les laitues ainsi qu’un éventail de racines dont le navet, le radis, la betterave, la carotte, le panais et le salsifis. On sème les pois et le maïs un peu plus tard, soit vers le 20 mai chez moi en zone 4.

Enfin, parmi les espèces qu’on multiplie par semis direct, restent celles qu’on ne doit établir qu’une fois les risques de gel passés. C’est le cas des cucurbitacées ainsi que des haricots qui ont besoin de chaleur pour germer et qui succomberaient à une exposition au gel.

Pour certaines espèces sensibles au froid, je recommande une prégermination à la chaleur à l’intérieur. Il s’agit de placer les semences entre deux tissus de coton qu’on garde humides et qu’on place dans un endroit chaud de la maison. Dès que le germe apparaît, on sème en position dans le jardin. J’utilise cette technique pour les cucurbitacées ainsi que pour le maïs.

Préparation du sol

Pour réussir le semis direct, on doit tout d’abord bien préparer le lit de semences. J’aime semer sur des buttes de 75 à 90 cm de largeur, séparées les unes des autres par des sentiers de 30 cm de large, ce qui permet de maintenir la structure grumeleuse du sol durant toute la saison. Puis à l’aide d’une griffe, je creuse le sillon destiné à recevoir les semences. Comme on doit recouvrir les semences de trois fois leur épaisseur de terre, la profondeur du sillon varie selon le diamètre de la semence.

Semis direct

Une fois le sillon creusé, j’y dépose les semences selon la densité recommandée. Puis je recouvre la semence de terre en me servant de la griffe. Je termine l’opération par un léger plombage que j’effectue à l’aide d’une bêche à renchausser, ce qui rétablit la capillarité du sol et favorise une germination optimale, même en conditions sèches.

L'art du semis direct | Le semis

Arrosage

Un arrosage de surface délicat assurera une bonne levée des semences qui prennent selon l’espèce et la température, entre 3 et 10 jours.

Le jardinage écologique

Pour en savoir davantage sur le jardinage écologique, vous pouvez consulter Le jardin écologique de Yves Gagnon, un guide pratique de jardinage qui traite entre autres de fertilisation biologique et de compostage, de rotation et de compagnonnage, du sol et des semis, du contrôle naturel des ravageurs et des maladies. Le samedi 15 juin prochain, l’auteur offre chez lui aux Jardins du Grand-Portage un atelier pratique intitulé Le jardinage écologique sur le terrain. Voir le site internet pour plus d’information : www.jardinsdugrandportage.com

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Yves Gagnon
info@jardinsdugrandportage.com

Après une formation en hôtellerie, Yves Gagnon s’est installé en 1980 à Saint-Didace où il a créé Les Jardins du Grand-Portage. Avant tout jardinier, il partage sa passion pour l'alimentation et l'écologie par l’écriture d'articles et de livres en plus de donner des formations et des conférences en jardinage écologique. II a collaboré pendant 10 ans à l’émission La Semaine Verte de Radio-Canada.

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