Le pissenlit, source de vigueur et de ténacité

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Le pissenlit est une bonne plante pour se désintoxiquer et évacuer le trop plein de chaleur interne. L’appellation Taraxacum officinalis désigne en fait l’agrégation de plusieurs centaines d’espèces différentes mais dont les caractéristiques diffèrent peu.

Soigner le foie et les reins pour désintoxiquer l’organisme

On utilise les feuilles et la racine du pissenlit pour leurs effets bénéfiques sur la digestion et le foie, notamment pour stimuler la production et l’expulsion de la bile. Le pissenlit tonifie progressivement les reins et il stimule quelque peu la miction. Comme il est riche en potassium, on peut utiliser ses effets diurétiques sur de longues périodes, pour soigner la rétention d’eau par exemple.

De plus, son contenu en inuline, une fibre prébiotique, contribue à la santé de la flore intestinale. Le latex de la tige est antiviral, mais il est toxique à l’interne et caustique sur la peau. On s’en sert notamment pour brûler les verrues et l’herpès.

Autres noms : Taraxacum officinalis (latin), Radix taraxaci (nom pharmaceutique), Chicorée sauvage, Couronne de moine, Dent de lion, Florin d’or (français), Dandelion, Blow ball, Lion’s tooth, Priest’s crown, Swine’s snout (anglais), Butterblume (allemand), Diente de león, Taraxacón (espagnol), Tarachaqoun (arabe), Radiki (grec), Pu gong ying (chinois), Tampopo (japonais), Dudhal (hindi), Dugdhaphenii (sanskrit).

Description : Le pissenlit est une plante vivace de la famille des astéracées. Elle possède une tige glabre, sans ramification et fait 5 à 45 cm de haut. Ses feuilles, disposées en rosette au sol, évoquent les dents du lion, d’où son nom anglais. Sa fleur jaune est hermaphrodite et des bractées apparaissent à l’extérieur de son capitule. La racine profonde du pissenlit va chercher les nutriments jusqu’à un mètre de profondeur dans le sol. Abeilles, papillons, chenilles et mites s’en nourrissent.

Distribution : Originaire d’Asie mineure, le pissenlit s’est naturalisé dans tout l’hémisphère Nord, survivant à des températures inférieures à -25 degré Celsius. Il préfère les grands espaces et les sols sablonneux, glaiseux ou argileux qui sont humides mais bien drainés.

Parties utilisées : Sauf indication contraire, les usages des feuilles et des racines sont rapportés ci-dessous, dont les propriétés sont comparables. Notez que les feuilles travaillent mieux sur le système urinaire tandis que les racines sont plus efficaces sur le foie.

Propriétés médicinales

Diurétique et tonique urinaire : Le pissenlit augmente la miction tout en maintenant la régularité du taux de potassium et il contribue à réduire le taux d’acide urique dans l’organisme. Pour obtenir l’effet diurétique, la feuille du pissenlit est supérieure à sa racine. Le pissenlit procure un effet tonique au système urinaire en général.

Tonique du foie et du pancréas : Le pissenlit facilite le nettoyage du foie en accélérant la production de la bile. La quantité d’inuline dans les racines du pissenlit normalise le fonctionnement du pancréas tout en nourrissant les bactéries du côlon. L’inuline est composée de fibres, des assemblages de sucres lents à digérer qui équilibrent la flore intestinale en nourrissant les bactéries qui ne reçoivent d’ordinaire que peu ou pas de carburant.

Apéritif : Consommé avant les repas, l’amertume des feuilles de pissenlit stimule l’appétit ainsi que les sécrétions salivaires et gastriques, en plus des fonctions hépatiques. Ajoutez des jeunes feuilles de pissenlit fraîchement hachées dans vos salades pour bénéficier de leur effet toniques des organes digestifs.

Glycémiorégulateur : Son contenu en inuline ainsi que son action sur le foie se combinent pour régulariser le taux de sucre dans le sang (la glycémie), diminuant ainsi les rages de sucres et normalisant les fluctuations d’hypo- ou d’hyper- glycémie.

Hypocholestérolémiant : Le pissenlit régularise l’émission de cholestérol par le foie. Ayant de plus un caractère dissolvant, le pissenlit contribue à diminuer l’accumulation de plaques d’athéromes dans le système sanguin.

Lithotritique : Le pissenlit permet de dissoudre les pierres aux reins, au foie ou à la vésicule biliaire, aussi appelées « calculs rénaux », « calculs hépatiques » ou « calculs biliaires ».

Antiviral externe : Le latex de la tige est toxique à l’interne et caustique sur la peau ; on peut l’appliquer sur les verrues et l’herpès en prenant soin de ne pas mettre de latex sur la peau saine.

Tonique de la rate : Le pissenlit purifie le sang et soulage ainsi le travail de la rate. Il est considéré comme tonique de cet organe en médecine traditionnelle chinoise (MTC).

Galactagogue : Le pissenlit est galactogogue, c’est-à-dire qu’il aide à produire plus de lait maternel en cas de production insuffisante. De plus, il purifie le lait maternel par ses effets sur les reins et le foie.

Stimulant immunitaire : Des propriétés antivirales et de stimulantes pour la phagocytose ont été démontrées chez la racine de pissenlit par la science médicale moderne. Le pissenlit inhiberait par ailleurs le virus de l’hépatite.

Fongicide : Une légère action fongicide (qui tue les champignons) est rapportée dans la littérature concernant le pissenlit.

Indications

  • constipation légère ou chronique
  • gaz intestinaux, indigestion
  • hépatite, jaunisse
  • infections urinaires, pierres aux reins
  • œdème, rétention d’eau
  • acné, furoncles
  • verrues (appliquer le latex de la tige en externe)
  • arthrite, rhumatismes chroniques, goutte
  • surplus de poids
  • inflammation des glandes lymphatiques
  • fièvre chronique
  • athérosclérose
  • hypertension
  • spécifique aux seins (en cas d’inflammation lymphatique, de kystes, tumeurs, de douleurs ou d’absence de lactation, selon le Dr. David Frawley)

Contre-indications

  • Aucune interaction médicamenteuse directe n’est rapportée mais il est déconseillé avec les médicaments diurétiques, hypoglycémiants et le lithium
  • En excès : cause vertiges, maux de tête, nausées, urination fréquente, frissons et sudation
  • Obstruction du canal biliaire, maladie aiguë du foie ou de l’intestin
  • Hyperacidité ou hypersensibilité gastrique
  • Allergie aux lactones sesquiterpéniques, souvent présentes chez les astéracées (achillée, arnica, camomille, etc.)

Modes d’utilisation

Tisane (feuille)
Infuser 1 c. à soupe de feuilles de pissenlit séchées pour une tasse d’eau, pendant 5 à 10 minutes et boire 1 à 3 tasses par jour.

Décoction (racine)
Bouillir 1 c. à thé de racines de pissenlit séchées pour une tasse d’eau, à feu doux pendant 10 minutes et boire 1 à 3 tasses par jour.

Concentrés liquides (feuille et/ou racine)
Sous forme de teinture d’alcool, de glycéré ou de vinaigre, prendre de 15 à 60 gouttes dans un peu d’eau, 1 à 3 fois par jour, pour une concentration 1:2.

Jus (racine)
La racine est tranchée, écrasée puis pressée pour en retirer le jus, ensuite mélangé à une quantité égale d’alcool. La préparation repose au moins une semaine puis est filtrée pour obtenir un liquide orange clair. Le dosage recommandé est le même que pour les autres concentrés liquides.

Élixir (fleur)
L’élixir de pissenlit aide à pacifier la tendance à l’hyperactivité. Utile pour ceux et celles qui ont l’habitude de se surcharger de travail et d’occupations dans leur vie, laissant peu de place aux émotions ou à la relaxation. Prendre quatre gouttes, quatre fois par jour sous la langue.

Latex (tige)
Appliquer directement le latex sur les verrues et l’herpès, en évitant le contact avec la peau saine. On le retrouve partout dans la plante mais se concentre surtout dans la tige. Attention, certaines personnes ont une allergie aux lactones sesquiterpéniques et peuvent développer une dermatite au contact du latex.

Principaux constituants connus

  • minéraux : magnésium, potassium (excellente source, surtout dans la feuille qui en contient 2 % à 4,5 %), sels de calcium, sodium, soufre
  • oligo-éléments : bore (excellente source), cuivre, fer, manganèse, phosphore
  • vitamines : A, B1, B2, B3, B7 (feuille), C, D (les feuilles contiennent davantage de vitamine A que les carottes : 1400 U.I. par 100 g)
  • caroténoïdes : lutine
  • protéines : 2,7 g par 100 g de feuilles, gluten
  • choline
  • principes amers : taraxacine (soluble en alcool mais non dans l’eau)
  • résine : taraxaceron
  • sucres : inuline (surtout dans la racine, environ 25 %), mucilages (environ 1 %), pectine, sucres non cristallisables (tôt dans la saison), fructose (jusqu’à 18 % au printemps), mannitol (racine au printemps), glucose, sucrose
  • levuline
  • triterpènes : bêta-amyrine, taraxol, taraxérol
  • lactones sesquiterpènes : eudesmonolides, germacranolides, taraxacosides
  • phytostérols (saponosides) : sitostérols, stigmastérols, taraxastérols
  • acides : acides gras (myristique), acide citrique et silicique, acides phénoliques (caféique et chlorogénique)
  • tannins
  • flavonoïdes : apigénine, lutéoline
  • glutine

Usages alimentaires

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Les feuilles s’apprêtent facilement en salade, comme une laitue amère. Les racines fraîches se mangent crues, tranchées en petits morceaux, ou bien cuites, dans les ragoûts par exemple. Les feuilles et/ou les racines sont séchées, coupées en morceaux, grillées à la poêle puis moulues pour fabriquer une substance rappelant le café de céréale. On peut même broyer la feuille séchée pour en faire une farine. Du vin et du sirop sont préparés à partir des fleurs de pissenlit, en prenant soin d’écarter autant que possible les parties vertes.

Usages traditionnels ou ésotériques, folklore, légendes

C’est dans la médecine traditionnelle arabe au 10e siècle que l’on retrouve la première mention écrite de l’usage thérapeutique du pissenlit. Cette plante est liée à l’élément de l’air. Enterré au coin nord-ouest de la maison, il est dit que le pissenlit apportera des vents favorables. C’est une plante favorable à la divination, à la conjuration des esprits et à la matérialisation de nos souhaits.

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Jonathan Léger Raymond
namaste@ayurvedarevolution.com

Thérapeute en ayurvéda et herboriste accrédité par la Guilde des Herboristes du Québec, Jonathan Léger Raymond est un thérapeute holistique spécialisé en ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et se consacre à présent à l'édification d'une plate-forme internationale de référence sur l'Ayurvéda et le mode de vie écologique: Ayurvéda Revolution.

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