6 champignons médicinaux vedettes et comment les consommer

Les champignons sont étonnamment riches en fibre (insolubles et solubles) ainsi qu’en vitamines et minéraux. Entre autres, ils sont une source abondante d’oligo-éléments et de vitamines du complexe B. Leur contenu élevé en acide aminés en font une source non-négligeable de protéines, surtout chez la famille des pleurotes.

Les champignons en général aident à régulariser la glycémie et la cholestérolémie grâce à leur fibres et probablement aussi dû à leurs effets adaptogènes qui harmonisent les fonctions vitales.

Le règne des fungi

En 2011, nous recevions au Québec la visite d’un botaniste herboriste connu, fort de trois décennies d’expériences avec les plantes : Mr. Christopher Hobbs. J’ai eu la chance de suivre sa formation fascinante sur les champignons médicinaux et vous livre ici un petit compte-rendu des faits saillants de cet atelier qui a été organisé par la Guilde des herboristes du Québec.

Je fus étonné d’apprendre que la génétique d’un champignon est beaucoup plus proche d’un animal que d’une plante du règne végétal. Les champignons, les fungi, forment un règne botanique différent des végétaux, tout en coexistant en symbiose avec eux. Les champignons prolifèrent entre les racines les plus fines, sur l’écorce ou dans les épines et remplissent diverses fonctions en synergie avec la plante : nutrition, protection, etc.

Les champignons extraient de leur environnement des composés organiques déjà formés par les végétaux ou d’autres organismes. Un peu à la manière des animaux, ils « s’alimentent » soit en décomposant de la matière morte (on les nomme alors saprophytes), soit en parasitant des organismes vivants ou alors en formant une symbiose avec un organisme chlorophyllien.

Quelques champignons vedettes

Lentinus edodes
Le shiitake est un aliment commun dans la cuisine japonaise qui fortifie peu à peu le système immunitaire, tout en modérant les réactions de type allergiques. Il combat efficacement les virus, soigne les ulcères et protège contre les effets néfastes des toxines et des radiations.

Pleurotes ostreatus
La pleurote en forme d’huître, tout comme ses congénères, est extrêmement riche en protéines : presque 3.5g par 100g. De plus, les pleurotes sont parmi les champignons les plus digestes. C’est aussi le champignon de choix à consommer pour réduire la cholestérolémie.

Trametes versicolor
Le polypore versicolor, « turkey tail » en anglais, est un champignon coloré très courant dans les forêts québécoises. Il réduit la cholestérolémie et travaille au niveau de l’immunité, contre le cancer et les infections virales. Non seulement peut-on le combiner avec les antibiotiques, il en accroît de plus l’efficacité.

Ganoderma lucidum
Consacré roi de la médecine chinoise, le reishi calme et éclairci sensiblement l’esprit. Ce modulateur immunitaire hors-pair travaille sur les allergies et les maladies auto-immunes tout en fortifiant les défenses de l’organisme. Profondément équilibrant, le reishi harmonise les fonctions endocrines tout en protégeant le foie des toxines et des radiations. On retrouve quelques espèces de reishi dans les forêts québécoises.

Cordyceps sinensis
Comme le cordyceps fructifie sur des insectes vivants, les chinois achètent des boîtes de larves à moitié dévorées par ce champignon fort prisé ! Il fortifie l’énergie vitale et améliore les performances sportives, comme le savent bien les athlètes russes et chinois. Les occidentaux le préfèrent en capsules…

Inonotus obliquus
Le chaga est encore méconnu mais, dernièrement, sa popularité semble exploser. On le retrouve en abondance sur les arbres endommagés de nos forêts, dont il recouvre les blessures telle une cicatrice aux apparences de masse cancéreuse. Justement, le chaga s’avère être très puissant pour lutter contre les tumeurs et figure d’ailleurs dans de nombreuses études russes à ce sujet.

Comment consommer les champignons

Les champignons peuvent parfois être mangés crus, mais la plupart sont meilleurs cuits. Il y a des espèces qui doivent être bouillies quelques minutes, voire plusieurs heures, pour en extraire les constituants actifs. On appelle cela une décoction. L’eau chaude est un excellent solvant pour les principes actifs des champignons.

Contrairement à plusieurs plantes médicinales, l’alcool ne convient pas pour fabriquer un concentré de champignons médicinaux parce qu’il va en dénaturer les polysaccharides, lesquels sont largement responsables des bénéfices immunitaires.

Il est également possible de se procurer de la poudre de champignons et des capsules. Certaines sont fabriquées avec des extraits standardisés de molécules actives, ce qui peut parfois être pertinent.

Cependant, il vaut souvent mieux préserver l’intégrité du champignon afin d’obtenir des effets équilibrés et de bénéficier de la synergie naturelle qui se produit grâce à l’ensemble de ses composants moléculaires.

Selon Daniel Job, mycologue à l’université de Neuchâtel : « dès que l’on tente d’isoler un principe actif d’un extrait de champignon, on perd son activité biologique » (Le Temps, Genève, Courrier International, 13-19 oct. 2011).

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Jonathan Léger Raymond
namaste@ayurvedarevolution.com

Thérapeute en ayurvéda et herboriste accrédité par la Guilde des Herboristes du Québec, Jonathan Léger Raymond est un thérapeute holistique spécialisé en ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et se consacre à présent à l'édification d'une plate-forme internationale de référence sur l'Ayurvéda et le mode de vie écologique: Ayurvéda Revolution.

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