L’acérola : aperçu scientifique de ses bienfaits et vertus pour la santé

Acérola

L’acérola (Malpighia glabra ou punicifolia) est un fruit comestible, acidulé de couleur rouge vif. Fruit de l’acérolier, arbre tropical de la famille des Malpighiaceae et qui s’apparente à une cerise, il est aussi surnommé « cerise des Barbades » ou « cerise des Antilles ».

Il pousse en Amérique du sud (au Pérou, au Brésil, au Vénézuela…) et aux Antilles. L’acérola offre de multiples bienfaits et vertus pour la santé. Sa teneur exceptionnelle en vitamine C fait de lui un complément idéal en cas de fatigue ou de surmenage, de stress mais également pour renforcer le système immunitaire et éliminer les toxines en période hivernale. Outre ses qualités stimulantes et tonifiantes, des recherches scientifiques ont mises en évidence son action anti-inflammatoire.

Les antioxydants de l’acérola pourraient également participer aux effets bénéfiques observés sur le cancer, l’acérola est bonne pour le cœur, notamment en agissant contre l’obésité et l’hypercholestérolémie, elle aurait ainsi le potentiel de réduire les risques de maladies cardiovasculaires. Revue de détails.

Richesse en vitamines et antioxydants

L’acérola est l’un des fruits les plus riches en vitamine B6, B1, B2, vitamine A, et surtout une source naturelle très riche en vitamine C (1). De manière intéressante, cette vitamine C biodisponible grâce à ses bioflavonoïdes, est particulièrement mieux assimilée par l’organisme comme le relève une étude japonaise portant sur des sujets hommes sains ayant consommé du jus d’acérola dilué contenant 50 mg de vitamine C comparativement à une prise unique de vitamine C (2).

L’acérola en contient en moyenne 1800 mg/100 g de pulpe, soit près de 40 fois plus que les fruits réputés en la matière comme l’orange. Ce taux peut même atteindre 2,3 g par 100 g de pulpe (3), d’où sa recommandation pour prévenir ou traiter le scorbut, stimuler la synthèse du collagène, lutter contre la fatigue persistante ou la malnutrition et aussi pour améliorer l’endurance physique.

Sa forte teneur en flavonoïdes4, composés phénoliques (5,6) anthocyanines et en caroténoïdes lui confère d’intéressantes propriétés antioxydantes (7,8,9) notamment pour lutter contre le vieillissement cellulaire précoce en minimisant les effets délétères des radicaux libres. A ce titre, une étude brésilienne récente publiée en 2016, a démontré l’effet protecteur in vivo chez l’animal du jus d’acérola contre la génotoxicité induite par une intoxication au fer (10).

Richesse en minéraux et oligo-éléments

L’acérola est particulièrement riche en fer, en calcium, en phosphore et en magnésium et fait que ce fruit peut être utilisé pour ses propriétés reminéralisantes. L’acérola favoriserait ainsi le développement et le renforcement des os et des dents. Des études comparatives ont montré que l’acérola contient deux fois plus de magnésium, de potassium et vitamine B5 que l’orange.

Tous ces éléments expliquent la valeur nutritive élevée de ce fruit et son exploitation en phytothérapie.

Activité anti-inflammatoire

D’après les résultats d’une étude in vitro, l’acérola diminue l’inflammation induite par une endotoxine bactérienne (LPS) sur des macrophages (cellules du système immunitaire) en culture (11).

Activité anti-bactérienne et anti-fongique

Une activité anti-bactérienne a été rapportée par des chercheurs japonais sur la souche Staphylococcus epidermidis (12). Plus récemment, dans une étude publiée en 2016, son action antimicrobienne in vitro sur différentes souches de Pseudomonas a été démontrée (13).

Par ailleurs, une équipe guatémaltaise a analysé l’activité de plusieurs plantes sud américaines sur certains champignons pathogènes. Il apparaît alors que l’acérola est l’une des plus efficaces de ces plantes pour lutter contre ces infections fongiques (14). Les fruits sont d’ailleurs consommés en cas de fièvre et de dysenterie (maladie infectieuse du côlon).

Activité anti-cancéreuse

Une étude publiée en 2004 a démontré que des extraits d’acérola présentent une action cytotoxique sur deux lignées de cellules tumorales humaines, suggérant que ce fruit pourrait avoir des propriétés anti-cancéreuses (12). Des chercheurs japonais de Nihon University ont étudié les avantages de l’acérola dans la lutte contre le cancer du poumon. Leur étude indique qu’un extrait d’acérola (700 mg/kg) bloque la croissance de cellules tumorales du poumon sur un modèle de souris (15).

Obésité et hypercholestérolémie

Les recherches scientifiques menées sur l’acérola ont mis en évidence l’utilité que pourrait avoir ce fruit dans la lutte contre l’obésité. De fait, des études réalisées chez l’animal révèlent que l’acérola pourrait avoir un effet cardioprotecteur. En effet, une étude réalisée sur des cellules endothéliales a montré que l’acérola, en combinaison avec des extraits d’alfalfa et de soja, bloque l’oxydation des lipoprotéines de faible densité (LDL), considérées comme le « mauvais » cholestérol (16). Cet effet protecteur serait dû en partie à sa forte teneur en vitamine C (17). Dans ces conditions, l’acérola pourrait potentiellement retarder le développement de l’athérosclérose.

Dans une autre étude, des souris ont été soumises à un régime alimentaire riche en graisse et en sucre puis exposées ou non avec de l’acérola pendant 13 semaines. Les résultats indiquent que ce fruit protège les cellules sanguines et celles de certains organes (reins, foie) des effets toxiques de ce régime alimentaire. La forte présence d’antioxydants (vitamine C, polyphénols) de l’acérola pourrait jouer un rôle dans ces effets protecteurs (18).

Dans une autre étude publiée en 2014, des souris ont été également soumises à ce régime alimentaire riche en graisse et en sucre puis exposées ou non avec de l’acérola pendant 13 semaines. Les résultats mettent en évidence une diminution de l’inflammation, des niveaux de triglycérides dans le tissu adipeux et une régulation de certaines protéines impliquées dans les processus lipolytiques (19).

Une étude publiée dans Molecular Neurobiology, en 2016, dans les mêmes conditions expérimentales, relate l’effet protecteur partiel de l’acérola sur les modifications cérébrales du métabolisme énergétique induites par l’obésité (20).

Toutes ces études suggèrent que l’acérola peut lutter efficacement contre les effets néfastes de l’obésité sur l’organisme et donc aider à la prévention ou le traitement des maladies cardiovasculaires chez l’humain.

Très riche en vitamine C et en polyphénols ainsi qu’en vitamines B6, B1 et B2, l’acérola se présente ainsi comme le fruit antioxydant par excellence à inclure dans une alimentation saine et équilibrée. Son effet positif pour prévenir les risques de maladies cardiovasculaires, les infections et certains cancers est reconnu.

Combien d’acérola ?

Il est préconisé de prendre l’acérola sous forme de cure pour faire le plein d’énergie soit une consommation moyenne entre 1000 mg à 3000 mg/jour selon chaque individu. La durée de la cure recommandée est de 3 à 4 mois avec une pause d’une semaine toutes les 3 semaines. Pour une cure plus courte de 3 semaines, le dosage sera entre 3000 et 4000 mg/jour.

Références

1. Derse PH. and Elvehjem CA. Nutrient content of acerola, a rich source of vitamin C. J Am Med Assoc. 12-18- 1954;156(16):1501.

2. Uchida E, Kondo Y, Amano A, et al. Absorption and excretion of ascorbic acid alone and in acerola
(Malpighia emarginata) juice: comparison in healthy Japanese subjects. Biol Pharm Bull. 2011;34(11):1744-
1747.

3. Visentainer JV, Vieira, OA, Matsushita, M, and de Souza NE. [Physico-chemical characterization of acerola (Malpighia glabra L.) produced in Maringa, Parana State, Brazil]. Arch Latinoam Nutr. 1997;47(1):70-72.

4. Kawaguchi M, Tanabe H, Nagamine K. Isolation and characterization of a novel flavonoid possessing a 4,2”- glycosidic linkage from green mature acerola (Malpighia emarginata DC.) fruit. Biosci Biotechnol Biochem. 2007;71(5):1130-1135.

5. Paz M, Gúllon P, Barroso MF, Carvalho AP, et al. Brazilian fruit pulps as functional foods and additives: evaluation of bioactive compounds. Food Chem. 2015;172:462-468.

6. Bataglion GA, da Silva FM, Eberlin MN, Koolen HH. Determination of the phenolic composition from
Brazilian tropical fruits by UHPLC-MS/MS. Food Chem. 2015;180:280-287.

7. Leme J, Jr, Fonseca, H and Nogueira JN. [Variation of ascorbic acid and beta-carotene content in lyophilized cherry from the West Indies (Malpighia punicifolia L.)]. Arch Latinoam Nutr. 1973;23(2):207-215.

8. Hanamura T, Hagiwara T, and Kawagishi H. Structural and functional characterization of polyphenols isolated from acerola (Malpighia emarginata DC.) fruit. Biosci Biotechnol Biochem. 2005;69(2):280-286.

9. Nunes Rda S, Kahl VF, Sarmento Mda S, et al. Antigenotoxicity and antioxidant activity of Acerola fruit (Malpighia glabra L.) at two stages of ripeness. Plant Foods Hum Nutr. 2011;66(2):129-35.

10. Horta RN, Kahl VF, Sarmento Mda S, et al. Protective effects of acerola juice on genotoxicity induced by iron in vivo. Genet Mol Biol. 2016;39(1):122-128.

11. Wakabayashi H, Fukushima H, Yamada T, et al. Inhibition of LPS-stimulated NO production in mouse
macrophage-like cells by Barbados cherry, a fruit of Malpighia emarginata DC. Anticancer Res. 2003;23(4):3237-3241.

12. Motohashi N, Wakabayashi H, Kurihara T, et al. Biological activity of barbados cherry (acerola fruits, fruit of Malpighia emarginata DC) extracts and fractions. Phytother Res. 2004;18(3):212-223.

13. Tremonte P, Sorrentino E, Succi M, et al. Antimicrobial Effect of Malpighia Punicifolia and Extension of Water Buffalo Steak Shelf-Life. J Food Sci. 2016;81(1):M97-105.

14. Caceres A, Lopez B, Juarez, X, et al. Plants used in Guatemala for the treatment of dermatophytic infections. 2. Evaluation of antifungal activity of seven American plants. J Ethnopharmacol. 1993;40(3):207-213.

15. Nagamine I, Akiyama T, Kainuma M, et al. Effect of acerola cherry extract on cell proliferation and activation of ras signal pathway at the promotion stage of lung tumorigenesis in mice. J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo) 2002;48(1):69-72.

16. Hwang J, Hodis HN, and Sevanian A. Soy and alfalfa phytoestrogen extracts become potent low-density lipoprotein antioxidants in the presence of acerola cherry extract. J Agric Food Chem. 2001;49(1):308-314.

17. Clein NW. Acerola juice, the richest known source of vitamin C; a clinical study in infants. J Pediatr. 1956;48(2):140-145.

18. Leffa DD, da Silva J, Daumann F, et al. Corrective effects of acerola (Malpighia emarginata DC.) juice intake on biochemical and genotoxical parameters in mice fed on a high-fat diet. Mutat Res. 2014;770:144-152.

19. Dias FM, Leffa DD, Daumann F, et al. Acerola (Malpighia emarginata DC.) juice intake protects againstalterations to proteins involved in inflammatory and lipolysis pathways in the adipose tissue of obese mice fed acafeteria diet. Lipids Health Dis. 2014;13:24.

20. Leffa DD, Rezin GT, Daumann F, et al. Effects of Acerola (Malpighia emarginata DC.) Juice Intake onBrain Energy Metabolism of Mice Fed a Cafeteria Diet. Mol Neurobiol. 2016.

Dr Mounir Belkouch Ph.D
mounir.belkouch@insa-lyon.fr

Biochimiste de formation, Mounir Belkouch est titulaire d’un Doctorat en Neurosciences de l’Université Pierre & Marie Curie de Paris 6. Il a d’abord travaillé sur la maladie d’Alzheimer à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) à Paris. Par la suite, il a occupé un poste d’Attaché Temporaire à l’Education et la Recherche (ATER) en Biochimie dans le laboratoire de Recherche en Cardiovasculaire, Métabolisme, diabétologie et Nutrition (CarMeN) à l’INSA de Lyon. Ses formations pluridisciplinaires lui ont permis d’appréhender la santé selon une approche globale et de se passionner pour le domaine de la nutrition humaine. Il partage ici ses réflexions et sa passion pour la nutrition.

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