Les cinq piliers d’une alimentation éthique

Les cinq piliers d’une alimentation éthique

Qu’est-ce que bien manger ? On connaît la réponse comme une comptine : une alimentation diversifiée, riche en fruits et légumes. On pourrait aussi ajouter la jouissance de déguster des plats aux saveurs délicatement agencées… Or, choisir des aliments parce qu’ils sont bons pour la santé ou parce qu’ils nous procurent du plaisir, ça ne touche que soi.

Si je me nourris aux hot-dogs, je sais que j’augmente sensiblement mes risques de maladie cardiaque et je le fais en connaissance de cause. Mais ça ne concerne que moi.

Si le ketchup de mon hot hot-dog était produit à partir du sang d’enfants torturés, les choses seraient différentes. Il y aurait évidemment un problème moral. L’éthique commence là où mes pratiques ont un impact sur la vie des autres. Trois fois par jour, nous faisons des choix qui ont des effets sur l’environnement, le bien-être des animaux, la faim dans le monde et la vie de travailleurs. Manger, c’est poser des gestes éthiques.

Dans cette série de billets, on examinera quels sont les fondements d’une alimentation éthique, tels qu’avancés par le philosophe Peter Singer et l’avocat Jim Mason dans le livre qui est vite devenu ma bible, « The Ethics of What We Eat ».

Premier pilier : la transparence

Nous avons le droit de savoir comment nos aliments sont produits.

La transparence est un filet de sécurité contre les mauvaises pratiques. On devrait pouvoir choisir nos aliments en sachant dans quelles conditions ils sont venus jusqu’à nous. Comment les animaux qu’on mange ont-ils élevés et abattus ? Les travailleurs ont-ils été correctement traités sans mettre leur santé en danger ? La transparence est à la base de tout mon travail : lever le voile sur les pratiques de l’industrie alimentaire et leurs conséquences.

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Deuxième pilier : la justice

Produire de la nourriture ne devrait pas imposer des coûts aux autres.

La production de notre nourriture entraîne la pollution de l’air, des cours d’eau et de l’atmosphère, un coût qui ne se reflète pas nécessairement dans le prix que l’on paie à l’épicerie. Ce type de coût doit tout de même être assumé.

On doit régler la facture complète des aliments que l’on consomme en payant un prix juste qui reflète le plus possible les coûts réels de leur production. Si on vend des filets de porc frais à 2 $ la livre, c’est peut-être parce que des riverains ont dû vivre dans l’odeur de lisier tout l’été et qu’ils ne peuvent plus se baigner dans des rivières maintenant pleines de phosphate.

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Troisième pilier : la compassion

Infliger de la souffrance inutile aux animaux est mal.

On préfère tous un monde de bonté et de compassion à un monde d’indifférence. Nous devons être sensibles à la souffrance qu’on inflige volontairement et inutilement aux bêtes qui nous nourrissent. Notre seul plaisir ne peut pas justifier la souffrance animale.

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Quatrième pilier : la responsabilité sociale

Les travailleurs ont droit à des conditions de travail décentes et à une rémunération juste.

La solidarité avec les travailleurs, ça compte aussi pour ceux qui ne sont pas syndiqués et n’ont pas de tribunes dans les journaux. Les employés et producteurs doivent œuvrer dans un milieu sécuritaire où ils sont respectés. Ils ont aussi droit à un salaire décent leur permettant de subvenir à leurs besoins de base.

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Cinquième pilier : les besoins vitaux

La vie et la santé passent avant tout autre considération éthique.

Assumer ses besoins fondamentaux et survivre peut nécessiter de mettre de côté les principes précédents. En revanche, lorsque nos besoins vitaux sont comblés, nos choix doivent se tourner vers les options ayant le moins de conséquences sur les autres.

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Bien manger, ce n’est pas adhérer à un régime intransigeant et doctrinaire. Il n’y a pas de recette à suivre, pas d’étiquette « éthique » sur les bons aliments. Bien manger, c’est nous intéresser au contenu de notre assiette et chercher à limiter les conséquences néfastes de nos choix.

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Élise Desaulniers
elise.desaulniers@gmail.com

Élise Desaulniers s’intéresse aux questions éthiques liées à l’alimentation et est l’auteure des livres Vache à lait, Je mange avec ma tête et Le défi végane 21 jours ainsi que du blog Penser avant d’ouvrir la bouche.

6 commentaires
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    Mlle Pigut
    Publié à 12:12h, 18 janvier Répondre

    Merci pour cet article qui résume bien l’éthique alimentaire!

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    Monsieur Jean
    Publié à 22:50h, 22 janvier Répondre

    C’est bien! Merci! Il faudrait ajouter un autre pilier fondamental: La connaissance ! Savoir ce qui est bon pour moi. Savoir ce qui est nocif. C’est notre devoir de s’informer aux bonnes sources. Ne pas toujours se fier aux étiquettes et surtout pas aux publicités. Même lorsque l’on lit un rapport d’étude scientifique il faut savoir qui a financé cette études. On en reste souvent bien étonné !

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    Emilie C. Langlois
    Publié à 17:14h, 08 février Répondre

    Un très bon article !

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    Johanne Morin
    Publié à 06:46h, 13 octobre Répondre

    Et que fait-on pour les fruit et légumes… Il font partie de l’alimentation VIVANTE, non ? Comment savons-nous si nous les cueillons de façon adéquate ? Est-ce qu’ils soufrent ?… J’aimerais voir un reportage sur la transformation des fruits et légumes pour voir si c’est humain… Je n’en suis pas certaine .

    Johanne Morin

    Pour les oubliés…

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    Rayen
    Publié à 13:06h, 23 octobre Répondre

    Très bon article. Tu m’as vraiment aidé. Es-tu philosophe?

    Merci beaucoup!

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    maude therrien
    Publié à 10:54h, 13 février Répondre

    Merci pour vos informations pertinentes !!!

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