5 plantes pour votre cure printanière

5 plantes pour votre cure printanière, pissenlit

L’énergie du printemps ! En médecine chinoise, on parle de l’énergie du bois qui est associée aux actions de jaillir, d’exprimer, de déployer, d’étaler. C’est la saison du foie qui exprime sa volonté de vivre.

La médecine indienne, l’Ayurvéda, arrive à des conclusions semblables par des chemins différents, en évoquant plutôt les éléments de l’eau et du feu qui émergent au printemps…

La cure printanière

Le printemps est associé à l’idée d’un grand ménage à l’extérieur, mais aussi d’une cure printanière pour purifier l’intérieur. Ces concepts sont résolument intégrés dans notre culture, si bien que l’on ne se demande plus pourquoi ni comment ils se sont instaurés de prime abord.

Le ménage du printemps est une réponse naturelle aux mouvements des fluides qui s’activent et du feu qui augmente de pair avec le climat qui se réchauffe. Le mucus et les toxines accumulées pendant l’hiver ainsi remués, le temps est propice à leur évacuation. Il convient de tonifier les poumons, les reins et le foie à cet effet, trois organes dits « émonctoires ».

Une cure printanière dure en moyenne un mois ; une semaine est nécessaire au minimum mais elle peut s’étendre jusqu’à quelques mois. On combine les actions des aliments à ceux des plantes médicinales pour obtenir des résultats satisfaisants.

Tout au long de la cure, en alimentation, on favorise :

  • Des portions modérées et des repas digestes, afin de minimiser les déchets
  • Des aliments biologiques et non-raffinés
  • Les salades amères, pour nettoyer et tonifier le foie
  • Des épices douces, pour supporter la digestion : coriandre, persil, fenouil, menthe
  • Les jus de légumes et de fruits frais pour leurs antioxydants et leur digestibilité
  • On évite l’alcool, le café, les médicaments inutiles et autres intoxicants pour le foie

Important : prévoir des aliments et des suppléments riches en fibre pour faciliter l’élimination des toxines dans l’intestin (céréales complètes, légumes et fruits).

Il n’est pas forcément nécessaire de se conformer à un régime stricte, il s’agit surtout de limiter les portions, maximiser la digestion par la saveur amère et piquante et de favoriser les fibres en consommant des légumes et des fruits frais. Ces attentions particulières seront appuyées au quotidien par les suppléments de plantes médicinales pendant quelques semaines.

On recherche des plantes médicinales qui ont une action tonique sur les organes du foie et des reins qui nettoient l’organisme, des effets diurétiques et laxatifs doux, des plantes capables d’éliminer les métaux lourds (chélatrices), voire des plantes dites altératives pour aller capturer les toxines dans tous les racoins de l’organisme. Voici le profil de cinq plantes qui comblent chacune quelques-uns de ces besoins :

Pissenlit, Taraxacum officinalis

Le pissenlit est inexorablement associé au printemps et ses feuilles apparaissent avant que les bourgeons n’aient eu de temps d’éclore. On peut cueillir ses feuilles tout au long des saisons clémentes et sa racine à l’automne. Les feuilles du dent-de-lion, « dandelion » en anglais, font d’excellentes salades amères, d’une saveur comparable à la salade roquette.

Il agit particulièrement au niveau du foie et de l’appétit, favorisant la production et l’expulsion de la bile, laquelle purge le foie de ses toxines accumulées.

Le pissenlit favorise l’élimination de l’acidité corporelle et de certaines toxines via l’urine. Cet effet diurétique est compensé par sa richesse en potassium, ce qui minimise le risque de carence en cas de miction fréquente et évite toute influence sur la pression sanguine.

Le pissenlit s’offre à nous dans les pelouses, à travers l’asphalte et les terrains en friche, il suffit de cueillir ses feuilles les plus tendres, de les rincer et de les manger telles quelles ou hachées dans une salade avec un peu de pamplemousse ou pour farcir des pâtes. Par ailleurs, le pissenlit est vendu sous toutes ses formes dans la plupart des magasins qui vendent des produits naturels, y compris les pharmacies. On le trouve séché en vrac, en teinture, en sirop, en jus, en ampoules et en comprimés.

On peut donc s’en faire un supplément pour un ou quelques mois afin de soutenir notre digestion et nettoyer le foie. Ses feuilles et ses racines sont utiles et ont des effets similaires, la feuille étant plus amère et la racine plus sucrée.

Bardane, Arctium lappa

La bardane est très commune en Europe et en Amérique du Nord : elle s’invite dans la moindre fissure dans l’asphalte ou le béton pour prospérer au sein même des grandes villes en déployant ses grandes feuilles ondulées. Au Japon, elle figure parmi les légumes communs sous le nom de « gobo ».

On la connait surtout pour ses chardons qui s’agrippent aux vêtements et aux poils des animaux. Et oui, la bardane est l’ancêtre évidente du velcro, avec ses crochets minuscules.

Quant aux effets de ses racines sur notre organisme, elles favorisent l’expulsion des toxines et ce, en profondeur, nettoyant le foie, tonifiant les reins et débarrassant peu à peu l’organisme de ses vieilles toxines accumulées.

La racine se mange fraîche à l’automne alors que la plante stocke ses nutriments dans la terre à l’approche des grands froids, rappelant son nom latin. Au printemps, on utilise plutôt les décoctions de racines séchées et les concentrés liquides. Le ratio pour préparer un breuvage est de 1 c. à thé de racine séchée par tasse d’eau et l’on doit les bouillir au moins 5 à 10 min, voire plus si désiré. Les herboristeries et quelques magasins d’aliments naturels auront des concentrés de bardane sous forme de teinture ou, meilleur encore mais plutôt rare, sous forme de jus concentré des racines fraîches.

Aunée, Inula helenium

L’aunée est une plante médicinale commune de notre pharmacopée québécoise et européenne, très prisée pour soigner les poumons et la flore intestinale. Elle pousse en rosettes de longues et larges feuilles basilaires et ses tiges s’élèvent parfois jusqu’à plus de 2 mètres. Ses fleurs jaunes sont caractérisées par son appartenance à la famille des astéracées. On la trouve dans les herboristeries spécialisées en vrac ou en concentré liquide appelé teinture.

Ses racines aromatiques sont bouilles dans l’eau chaude pendant quelques minutes, en proportions de 1 c. à thé par tasse d’eau. On en consomme 2 à 3 tasses par jour sur une période d’au moins une semaine, aussi longtemps que son soutien soit désiré.

L’aunée est expectorante et tonique des poumons, elle convient pour évacuer l’excès de mucus des poumons et pour réchauffer l’organisme. Ses huiles essentielles stimulent la digestion et son contenu en inuline entretient la flore intestinale en tant que prébiotique.

Artichaut, Cynara scolymus

Manger un artichaut au repas est réputé doubler la quantité de bile excrétée pour le digérer. L’artichaut aide aussi bien le foie à produire beaucoup de bile que la vésicule biliaire à l’évacuer au moment voulu. Excellent pour les gens au foie « paresseux » ou intoxiqué par un hiver chargé en alcool et en gras. Ceux et celles qui s’attardent à la selle s’en verront possiblement soulagés, selon les causes exactes de leurs maux.

L’artichaut se cuit vapeur en 25-35 minutes, avec un brin de jus de citron. Lorsque les feuilles se détachent toutes seules, le légume est cuit et l’on mange la chair à la base de ses feuilles. Un amalgame de fibres non comestibles se trouvent sur le cœur et il est nécessaire de les retirer avant de déguster cette partie succulente.

Pour une cure printanière à proprement parler, nous pourrions raisonnablement décider de consommer un artichaut par jour pendant 2 à 4 semaines ou bien d’utiliser un supplément sous forme de concentré liquide à avaler dans un peu d’eau ou de jus, selon la posologie des produits offerts en pharmacie, magasin d’aliment naturels et herboristeries.

Sureau, Sambucus canadensis ou nigra

Le sureau est un arbrisseau légendaire qui se faisait gardien de nos jardins d’autrefois et qui est réputé abriter des esprits!

Certaines variétés sont toxiques mais les variétés canadensis ou nigra produisent des fruits et des fleurs comestibles et médicinales. Ceux-ci désintoxiquent l’organisme en profondeur, petit à petit, et aident l’évacuation des toxines par l’urine, notamment. Le sureau est aussi riche en vitamine C, flavonoïdes et autres antioxydants.

Il y a plusieurs produits de sureau disponibles dans les magasins d’aliments naturels tels que les concentrés liquides sous forme de teinture et de sirop, les confitures ainsi que les baies et fleurs en vrac. Certains en font aussi des jus frais. Pour une infusion, utiliser 1 c. à thé rase de fleurs ou de baies de sureau pour une tasse d’eau bouillante ou laisser tremper 8h durant dans l’eau tiède puis filtrer.

Pour un effet désintoxiquant il faudra compter au moins un mois et l’on pourrait poursuivre plus longtemps si nécessaire ou désiré. Préférez les fleurs de sureau aux baies et utilisez-les en teinture (quelques gouttes de concentré liquide dans un verre d’eau) ou bien en tisane, plutôt qu’en sirops qui conviennent davantage à casser les grippes et les fièvres ou autre usage court terme.

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Jonathan Léger Raymond
namaste@ayurvedarevolution.com

Thérapeute en ayurvéda et herboriste accrédité par la Guilde des Herboristes du Québec, Jonathan Léger Raymond est un thérapeute holistique spécialisé en ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal et se consacre à présent à l'édification d'une plate-forme internationale de référence sur l'Ayurvéda et le mode de vie écologique: Ayurvéda Revolution.

1 commentaire
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    Marie Brunet
    Publié à 18:16h, 24 juillet Répondre

    Bonjour! J’aimerais me procurer ces herbes et plantes, merci de bien me répondre.

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