La cristallisation sensible : un détective du bio au nez fin

La cristallisation sensible : un détective du bio au nez fin

Des données scientifiques indiquent que les aliments bio auraient plus de vitamines, de minéraux et d’antioxydants, ces dernières substances végétales protégeant contre le cancer, le vieillissement prématuré, les troubles inflammatoires et bien d’autres.

Au fait, l’analyse chimique du contenu des aliments détermine-t-il tant leur qualité ? Qu’est-ce qui fait qu’un tel fruit est plus frais ou savoureux ou qu’un tel apporte plus de vitalité ? L’analyse conventionnelle de leur contenu ne dit rien des interactions subtiles entre les très nombreux nutriments présents dans les aliments. La cristallisation sensible pourrait bien être l’outil permettant de les montrer.

Les prodiges de la cristallisation sensible

Rudolf Steiner, le fondateur allemand de la méthode biodynamique en agriculture, serait à l’origine de la méthode de cristallisation sensible, développée ensuite par Ehrenfried Pfeiffer aux États-Unis.

Pour mieux la comprendre, observez les formes cubistes que prennent les cristaux de sel lorsque vous laissez sécher de l’eau salée dans un verre. Ces formes varieront si l’on ajoute des impuretés à la solution de sel, selon leur nature.

Vers 1925, Pfeiffer s’est plutôt servi du chlorure de cuivre, dont les solutions se cristallisent en une palette de formes complexes, sensibles aux moindres influences des conditions de la cristallisation. L’incorporation d’extraits végétaux ou de gouttes de sang donnait des figures caractéristiques, mais qu’il ne pouvait interpréter. Alla et Oleg Selawry, de Stuttgart, en Allemagne, raffinent la méthode et apprennent à l’interpréter, à tel point qu’aujourd’hui, l’agriculture et la viticulture biologiques s’en servent comme test de qualité.

La cristallisation se fait dans des boîtes de Petri placées dans une enceinte protectrice, dans des conditions précises de température et d’humidité. Quand la solution de chlorure de cuivre est additionnée de substances minérales inorganiques, la cristallisation prend la forme de grumeaux, de granulations, de grilles répétitives. Mais si on ajoute des extraits de matériaux vivants, végétaux ou animaux, contenant des protéines, l’aspect change de façon spectaculaire. On obtient des buissons de branches et de nervures, des fourrures de racines chevelues, des réseaux fluviaux ou sanguins incroyablement denses.

Beau et mystérieux. Chaque espèce végétale ou animale a sa propre signature. Bien plus, deux plaques de cristallisation avec le même extrait, par exemple de pomme, seront rigoureusement semblables. C’est un peu comme les feuilles d’un arbre : elles ne sont jamais superposables, mais on y dénote toujours un type commun, s’il y en a un.

Un détective biologique au nez fin

La méthode permet de d’évaluer le vieillissement d’une plante, la qualité d’un sang sain ou malade, l’impact des différentes méthodes de culture, de conservation, de cuisson. Si la qualité est moindre, les ramifications se raréfient, des taches et des trous apparaissent, puis des zones floues. De plus, au lieu d’un seul centre, on en voit plusieurs : le chaos de la figure augmente.

Prenons l’exemple de la carotte. Avec l’agriculture conventionnelle, la cristallisation montrera de façon générale un appauvrissement des forces de vie avec tendance à la minéralisation : forces de croissance et structure faibles des cristaux. Avec l’agriculture biologique, les forces vitales de croissance se renforcent jusqu’à l’excès : cristaux très abondants dans une structure faiblement organisée. Avec l’agriculture biodynamique, il y a harmonie entre forces de croissance et de structure : l’arborisation de la cristallisation sensible donne une allure de fleur très élégante représentant un équilibre sain. Avec cette méthode, on a donc affaire à un véritable « artiste scientifique ». Voir la documentation du Centre national de ressources en agriculture biologique (France).

Il existe de magnifiques figures faisant la démonstration, entre autres, de l’affaiblissement vital dans les produits congelés, la farine ou le sucre raffinés, le lait UHT, les aliments cuits au four à micro-ondes et, de manière générale, dans les produits issus de l’agriculture conventionnelle. La thésigraphie, autre nom que lui donne le biologiste Jean-Pierre Garel, constitue une analyse à la fois globale, objective et intelligible. Elle détecte à peu près tout. Voir aussi les articles sur les sites de Nouvelles Clés et Fruits Oubliés à ce sujet.

Une technique aux possibilités sans limites

Les produits de l’agriculture biologique ne se classent pas toujours bien, reflet d’un manque de savoir-faire, de productions trop intensives ou de cultures hors saison. Le détective biologique ne se laisse pas berner. Il semble même capable de sonder « l’âme » du manipulateur. Par exemple, de la cristallisation d’extraits de pains pétris le même jour à partir des mêmes ingrédients et cuits semblablement dans le même four, on obtient des images différentes d’un stagiaire à l’autre : certaines personnes semblent bonifier la qualité du pain, d’autres en pompent l’énergie.

Il est question de proposer un label pour producteurs intéressés. Qui sait, un jour verrons-nous apparaître des photos de cristallisation sensible sous forme de vignettes sur l’emballage. L’appréciation simplement esthétique trompe rarement: les plus belles images correspondent aux meilleurs produits. Selon Jean-Pierre Garel, les tests sont aujourd’hui assez fiables et précis pour rendre des services à l’industrie agro-alimentaire, aux distributeurs alimentaires, à l’Institut national de recherche agronomique, aux organismes de contrôle des pollutions, etc.

L’évaluation de la qualité d’un produit ou d’un organisme est donc simple, très sensible et peu coûteuse: un fabricant de produits de phytothérapie s’en sert pour ajuster les multiples étapes de la production, récolte, préparation, etc. Les possibilités de la méthode sont infinies, par exemple pour le contrôle de la certification biologique.

L’application à la médecine est prometteuse: l’analyse de sang permet de déceler des maladies comme l’état pré-cancéreux. Malheureusement, les résistances sont fortes dans le milieu scientifique, beaucoup plus habitué à penser en termes d’analyse chimique. Il faut s’attendre à ce que les thérapies alternatives continuent à les développer en exclusivité pour un certain temps.

Avec cette approche, on renoue avec l’approche intuitive, sensible, esthétique, contemplative, méditative. C’est étonnamment prometteur. Surveillez les progrès que nous réserve le sujet dans le futur.

Avatar
Dr Carol Vachon
vachoncarol@videotron.ca

Président de l'Association Manger Santé Bio de 1996 à 2000 et auteur du livre « Pour l'amour du bon lait », le Dr Carol Vachon est consultant en nutrition et diffuse des information sur son site Bon Lait.

2 commentaires
  • Avatar
    Jonathan
    Publié à 16:26h, 27 juin Répondre

    Je trouve que cette méthode scientifique est absolument géniale et mérite d’être développée.

    Cependant, il nous faudra développer une approche scientifique au-delà de la chimie moléculaire pour assimiler les implications de la cristallisation sensible. Combiner la physique des champs, la physique quantique à la chimie organique nous permettrait d’articuler un nouveau paradigme médical.

    Je sais qu’il existe des appareils qui détectent les faibles variations de champs électromagnétiques et qui lisent la fréquence vibratoire des aliments. Nul besoin de vous dire que l’énergie des légumes bio, tout droit sorti de la terre, supplante haut la main celle des aliments transformés.

  • Avatar
    Aurelien
    Publié à 09:32h, 16 août Répondre

    Bonjour,

    Je vous remercie pour cet article très intéressant.

    Je souhaitais savoir s’il existe des lieux pour faire faire ces tests, ou des organismes ? En particulier lorsque l’on a pas d’étude adéquate ? En particulier sur les aliments transformés.

    Merci d’avance.

Écrire un commentaire

FORGOT PASSWORD ?
Lost your password? Please enter your username or email address. You will receive a link to create a new password via email.
We do not share your personal details with anyone.