Le cas des oméga-3 et les bienfaits des graines de lin

Pourquoi tout vouloir pour soi ? Le cas des oméga-3

La lecture d’un article sur le site de Radio-Canada.ca publié suite à une étude parue dans le Journal de l’Association médicale canadienne m’a donné le goût de vous la partager…

Depuis nombres d’années, je m’interroge sur les conséquences de notre recherche de l’aliment miracle qui sera capable de nous maintenir en santé.

La rapidité à faire connaître les vertus de tel ou tel aliment ou produit naturel crée à chaque fois une demande excessive pour le dit produit. Je me rappelle l’effervescence autour de la spiruline et de la super blue green.

De nos jours, le curcuma, les oméga-3, les sushis ont la vedette. Aidés par les médias électroniques, la demande pour ces aliments crée parfois des conséquences graves et insoupçonnées.

Selon l’article en question, l’engouement pour les acides gras oméga-3 dans l’alimentation, notamment pour prévenir les maladies cardiovasculaires, a des effets néfastes sur les stocks de poissons. C’est ce qu’indique une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

L’étude est dirigée par le Dr David Jenkins, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Toronto, Hôpital St. Michael. Elle soutient que les effets bénéfiques des oméga-3 pour la santé sont peut-être moins grands que le risque d’épuisement des stocks.

Elle souligne que les prises sont en constant déclin depuis la fin des années 1980. La menace ne serait donc pas seulement de nature environnementale, mais aussi de nature économique, puisque l’industrie des pêches souffrirait d’un épuisement de la ressource.

Cela, sans compter l’effet sur les populations de pays en développement, dont l’alimentation est souvent constituée de poisson.

L’aquaculture : une distraction

L’étude souligne en outre que l’élevage de poissons, souvent vu comme une solution pour protéger les populations marines, n’est pas nécessairement une bonne solution de rechange. En effet, les poissons élevés en aquaculture sont généralement carnivores (saumon, thon, bar) et sont nourris de plus petits poissons. L’industrie de l’aquaculture ne peut donc pas éliminer les produits dérivés de l’industrie de la pêche.

L’étude s’attarde également aux effets néfastes de l’aquaculture sur l’environnement, comme la prolifération d’algues et de parasites.

Vraiment essentiels ?

L’étude du professeur Jenkins avance par ailleurs l’hypothèse que les affirmations selon lesquelles la consommation d’oméga-3 est essentielle pour une bonne santé ne sont peut-être pas aussi vraies qu’on le pense.

Elle souligne que, même si de nombreuses recherches démontrent ces effets bénéfiques, les personnes qui mangent du poisson tendent généralement à avoir de saines habitudes de vie: bonne alimentation, activité physique, peu de tabagisme, etc. Elle ajoute que les populations qui consomment beaucoup de poisson (les populations côtières, par exemple) mènent peut-être une vie plus active que les populations citadines

L’étude souligne également que la présence de produits chimiques, comme le mercure, dans certains poissons peut s’avérer néfaste pour la santé.

Solutions de rechange

Selon l’étude, la protection des stocks de poisson passe notamment par l’industrie agroalimentaire. Elle explique qu’il est maintenant possible de produire des acides gras oméga-3 d’origine végétale (à partir de plantes, d’algues, de levure ou d’autres organismes unicellulaires) de même nature que ceux contenus dans les poissons.

J’ajouterais pour compléter : Dans cette énumération des origines végétales d’oméga-3 de même nature que ceux contenus dans les poissons, on veut spécifier qu’il s’agit d’acides gras EPA et DHA appelés superinsaturés car ils possèdent davantage de liens doubles et sont plus facilement utilisés par notre cerveau.

Il faut se rappeler que ces oméga-3 superinsaturés (EPA et DHA) peuvent être synthétisés dans notre organisme à partir de l’acide gras essentiel alpha-linolénique à l’aide d’enzymes spécifiques, bien que se soit un processus lent.

La bonne nouvelle est que l’acide gras alpha-linolénique se retrouve abondamment dans des aliments qui poussent, pour la plupart, chez-nous et qui ont un coût de production et de vente au détail très accessible.

  • Graines de lin et son huile (54%)
  • Graines de chanvre 18%
  • Graines de citrouille 15%
  • Graines de colza (canola) 11%
  • Noix de Grenoble 10%
  • Soya et germe de blé 7%

Rappel des bienfaits du lin

  • Très riches en fibres : 50 mL en apportent 9 grammes (comparativement à 6 g pour le son de blé). Fibres solubles et insolubles.
  • La meilleure source d’acide alpha-linolénique, un acide gras oméga-3 dont nous avons grandement besoin.
  • La meilleure source de lignanes. Elle contient 100 fois plus de lignanes que les autres végétaux.
  • Les lignanes ont une activité phytoestrogénique (hormone-like) et protègerait du cancer du sein et de la prostate. Une alimentation riche en lin peut faire diminuer le volume de tumeurs.
Renée Frappier
renee@expomangersante.com

Renée Frappier est auteure, conférencière et présidente-fondatrice des Éditions Maxam et de l’Expo Manger Santé et Vivre Vert et co-fondatrice de l’Association Manger Santé Bio.

3 commentaires
  • Sylviane Rifflart
    Publié à 22:59h, 19 mai Répondre

    Ce serait effectivement très intéressant de trouver un aliment qui contienne directement des EPA et DHA; car malheureusement, comme vous le dites, le lin n’en contient pas,l’acide alpha-linolénique doit encore se transformer!

    Or cette transformation est lente et ne s’opère que dans un corps sain, contenant plein de vitamines et minéraux, bonnes protéines, …ayant une activité physique régulière et une excellente hygiène de vie….ce qui est malheureusement rarement le cas aujourd’hui!!!!

    Merci donc de me renseigner un autre aliment contenant directement des DHA et EPA.

  • Renée Frappier
    Publié à 01:56h, 26 juillet Répondre

    Bonjour Mme Riffart
    Il existe des aliments du règne végétal qui contiennent des EPA et DHA, ces acides gras oméga-3 à très longue chaîne. Ce sont des micro-algues (Odontella aurita et Schizochytrium) provenant du phytoplancton. La compagnie Flora vend ce produit sous l’appellation DHA algal non raffiné d’Udo La sélection Udo®. Ne pas oublier de faire une place de choix aux aliments précurseurs de ces gras que sont les graines et leurs huiles citées dans l’article, sans oublier les graines de chia.

  • Olga
    Publié à 20:55h, 15 juillet Répondre

    Merci madame Renée d’être là, je ne vous ai pas vue à la dernière Expo Manger Santé. Vous êtes très importante pour la santé du monde, félicitations pour toutes les informations. Olga Parra

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