Manifeste pour le lait cru

Manifeste pour le lait cru

Si le lait maternel renforce tant le nourrisson, c’est d’abord parce qu’il est cru…

Avec les nouvelles connaissances scientifiques, l’alimentation est maintenant au centre de l’actualité. Elle soigne, guérit même… à condition qu’elle soit composée d’aliments nobles, naturels et qu’elle laisse de côté plusieurs de ceux fournis par l’industrie, trop souvent transformés. Le lait constitue une excellente illustration du problème : celui disponible en épicerie est successivement pasteurisé, homogénéisé, écrémé, désodorisé, pompé plusieurs fois, etc.

Chercher les vertus de la pomme en travaillant sur la compote ? Cela ne mène nulle part. C’est ce qu’il faut conclure des recherches actuelles sur le lait dénaturé. Car tout lait comprend une multitude de facteurs de santé puissants, comme le décrit si bien le Dr Jack Newman, de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, dans son propos sur le lait maternel (1).

Ces nombreux facteurs deviennent source de vitalité en participant à la construction et à la régulation de tous les systèmes : digestif, immunitaire, nerveux, etc. Ces composants sont cependant détruits en grande partie dans le lait vendu en épicerie. Certains deviennent même perturbateurs. En fait, comme ils devraient agir en synergie, ce lait ne conserve pas la force et l’équilibre du bon lait cru d’autrefois et peut avoir des effets nocifs.

Mais de puissants tabous pèsent sur le lait cru. Le Canada est un des rares pays à l’interdire complètement. Il est légal dans la plupart des pays, Allemagne, Belgique, Espagne, plus de la moitié des états américains, etc. Il est redevenu légal en France depuis aussi loin que 1966.

Dangereux le lait cru ?

Depuis 10 000 ans, à peu près 100% des producteurs laitiers consomment leur lait cru, tel que confirmé publiquement devant la presse au congrès régional de l’UPA de l’Estrie, le 13 octobre 1999.

Un aliment consommé impunément par 100% de cet échantillon de la population peut-il être déclaré dangereux? Et devient-il morbide s’il traverse la ligne blanche vers la maison du voisin d’en face ? Le bœuf haché, par exemple, tue régulièrement au Québec, mais il est défendu par une puissante industrie : sa présence sur le marché n’est donc pas remise en cause.

Le lait cru à la source du plus puissant antioxydant

Les antioxydants sont d’une très grande importance pour la santé (2). Avec le lait cru, il est question du plus puissant antioxydant, le glutathion, le seul dont nos cellules ne peuvent se passer, les autres étant interchangeables.

Contrairement au lait commercial, le lait cru apporte certaines protéines qui n’ont pas été dénaturées et que nos cellules transformeront en glutathion, petite molécule à la base de notre système immunitaire (3).

Où y a-t-il le plus de précurseurs du glutathion ? Réponse : dans le lait maternel, pour bien démarrer la vie du nourrisson, la première stratégie de survie d’une espèce étant d’ailleurs le maintien de la santé du nouveau-né. Par ce moyen, Dame Nature protège le petit contre l’intense stress oxydatif qui survient au contact de l’air à la naissance. Les antioxydants constituant par ailleurs un puissant outil dans la lutte contre le « mauvais cholestérol » et contre les maladies cardio-vasculaires, il n’y a donc probablement pas à s’inquiéter quant au cholestérol et aux gras du lait cru.

D’autre part, des études scientifiques européennes récentes effectuées sur des dizaines de milliers d’enfants montrent que ceux consommant du lait cru présentent moins d’allergies, d’asthme et de rhume des foins.

Le lait dénaturé vaut-il le bon lait d’autrefois ?

Tout scientifique répondra oui d’emblée. Mais en fait, à cause d’un tabou, on n’a pas vraiment vérifié, puis on a oublié. D’où vient ce tabou ?

Au début des années 1900, des industriels véreux produisaient un lait franchement létal, dans les villes, ce qui s’est avéré une véritable hécatombe, à tel point que la pasteurisation y a sauvé 20% des enfants en bas âge. Au même moment, on consommait à la campagne un lait produit dans des conditions acceptables, mais tout de même on a incriminé le lait cru (4).

Ainsi ont été formées des Ligues de la santé, pour mousser l’hygiène et la pasteurisation, faisant naître un puissant tabou à l’endroit du lait cru. Depuis, le milieu scientifique se garde de tester le lait cru chez des humains, en faisant de lui le seul aliment de la tradition à être interdit.

Facile de distribuer du lait cru

Scénario de mise en marché : à l’aide d’un appareillage simple, le producteur embouteille lui-même son lait, y met son nom et la date, et le garde à la bonne température en attendant le camion réfrigéré du distributeur. Traçabilité idéale !

Au contraire, avec ses très grands volumes et multiples manipulations, l’actuel lait industriel est loin d’assurer un aussi grand contrôle des conditions de salubrité, et encore moins du goût.

Le tabou du lait cru a fait naître, contre toute logique scientifique, le projet, heureusement avorté, d’interdiction du fromage au lait cru par Santé Canada en 1996, projet contre lequel j’avais personnellement réagi en suscitant la formation de la Coalition québécoise Fromage au lait cru.

Un peu de rationalité scientifique, que diable ! Pour notre santé et celle de l’économie des régions ! Le lait cru favorise l’économie locale. Il suscite l’apparition de fromageries originales, que des routes gourmandes bien mises en valeur pourraient faire connaître. Au lieu de cela, on oblige des artisans à un nombre exagéré de contrôles tatillons et coûteux.

Vous trouverez des plus amples informations et des liens vers des sources scientifiques dans mon livre Pour l’amour du bon lait, ainsi que sur www.bonlait.com.

Bibliographie

  • Newman, J. How breast milk protects newborns. Scientific American, décembre 1995, pp 76-79.
  • Béliveau, R et Gingras, D. Les aliments contre le cancer. Trécarré, Montréal, 2005.
  • Bounous, G et Gold, O. 1991. The biological activity of undenatured dietary whey proteins : role of glutathione. Clin Invest 14 : 296-309.
  • Schmidt, R. The untold story of milk. New Trend Publishing, Washington, 2007.
Dr Carol Vachon
vachoncarol@videotron.ca

Président de l'Association Manger Santé Bio de 1996 à 2000 et auteur du livre « Pour l'amour du bon lait », le Dr Carol Vachon est consultant en nutrition et diffuse des information sur son site Bon Lait.

6 commentaires
  • Monique Belleau
    Publié à 13:42h, 30 novembre Répondre

    Il est incontestable que la nature a prévu que le lait est l’aliment de base pour tous les mammifères et que par instinct ils savent quand laisser cet aliment de croissance rapide au début de la vie (sauf l’homme « moderne » qui a presque complètement perdu cet instinct) pour se nourrir de façon autonomme pour le reste de leurs vie. Alors qui sommes nous les humains pour prétendent le contraire?… D’autant plus que le lait de vache est tellement différent de la composition du lait maternel. Il y a lieu de réfléchir et d’encourager l’allaitement maternelle, des banques de ce précieux nectar pour que tous les enfants du monde en profitent jusqu’à ce qu’ils soient outillés pour bien mastiquer d’autres aliments que la nature leur offre pour le reste de leur vie.

  • Carol Vachon
    Publié à 23:22h, 13 décembre Répondre

    On n’exige à aucun aliment d’être semblable au lait maternel pour en consommer, on vise sa richesse nutritive, point. Après 10 000 ans de consommation, s’il avait été un mauvais choix, il y a longtemps que nos ancêtres s’en seraient rendu compte. Le problème est que le lait actuellement consommé est transformé de telle façon qu’il développe des effets nocifs. C’est l’inverse pour le lait cru. De nombreuses recherches scientifiques démontrent ces deux points. Mais le tabou des autorités sur le lait cru mêle les cartes.

  • Martineke
    Publié à 11:56h, 19 juin Répondre

    Cru ? Pasteurisé ? En poudre ? Pas bien important. Puisque le lait est destiné…. aux veaux !!!! et non pas au humains.

    Il faut arrêter avec le consommation du lait et de ses dérivés. C’est nocif pour l’humain ; d’ailleurs les bébés qui le rejettent en sont une preuve, le corps est bien fait !!

    Les hormones de croissance contenues dans le lait de la vache sont destinées à sa progéniture. Imaginez une information de croissance spécifique au veau, par exemple, peser 200 kg à six mois, reçue dans l’hypophyse d’un nourrisson qui, lui, dans le même laps de temps, ne doit peser que 7 à 8 kg ! Pour résumer, donner du lait de vache aux bébés humains revient à envoyer au cerveau l’information suivante : « tu vas grossir vite et tu auras un petit cerveau ».

    A bonne entendeur…

  • Nathalie
    Publié à 09:05h, 12 août Répondre

    Donc si pas de lait car mauvais pour notre santé, il ne faut pas manger de veau car leur viande est nourri que par du lait – et pire ne plus manger de bovins car grandi trop vite au lait de vaches et vue la taille et à la vitesse qu’ils grandissent, ils faut arrêter de les manger.

  • Thomas
    Publié à 08:23h, 07 septembre Répondre

    Bonjour,
    Arrêter vos polémiques, c’est hallucinant de voir comment ont accuse le lait de tout et de rien. Lait cru, pasteurisée ou UHT ou même en poudre n’est pas pareil loin de là.

    Si certains bébé ne supportent pas le lait de vache et bien allez savoir pourquoi? On nourrit les bébé avec du lait bledina dégueulasse contenant de la taurine synthétique et de l’huile de palme, vous trouvez ça bien peut-être, moi non. Je trouve ça dégueulasse et même si j’ai dû le faire quand j’ai accouché de mes 2 filles (car malgré mon bon vouloir je n’ai pas eu de montée de lait alors pas le choix), j’ai fini par maintes recherches à trouver un lait bio premilait sans huile de palme et sans taurine donc désolé mais pour moi il n’y avait pas photo comme alternative à mon lait.

    Alors si les bébé sont intolérants c’est peut être aussi qu’on leur donne de la *****, allez savoir qui a essayé le lait de vache cru sur les bébés intolérants, personne, alors perso je ne crois en rien à toute vous conneries. Aujourd’hui pour la première fois j’ai donné du lait cru de vache à ma fille de 9 mois et elle la but sans problème et moi qui en bois je peux vous dire que différence il y a entre un lait cru et un lait UHT, et je pense que je n’en achèterai plus en magasin mais plutôt à la ferme pas loin de chez moi.

  • Burnotte
    Publié à 08:53h, 07 juillet Répondre

    Bonjour, je mange des fromages et des yaourts et du beurre au lait cru depuis 3 ans (bio directement du producteur) et je n ai jamais de problème de santé dû à ces produits…

Écrire un commentaire